Réfutation de l’« implicitisme » sacramentel,
sophisme inventé par Ansgar Santogrossi
o.s.b.

 

(Réfutation de l’article « Réponse à l’abbé Cekada » cosigné par l’abbé de Tanoüarn et le Fr. Ansgar Santogrossi, o.s.b. de l’Eglise conciliaire)

 

Sans aucune argumentation théologique réelle, A.Santogrossi cherche à abuser un public non averti en prétendant avoir réfuté l’invalidité sacramentelle intrinsèque de la forme du nouveau rite de consécration épiscopale

(Pontificalis Romani, 18 juin 1968)

 

      

 

Le texte d’ « Objections » est dépourvu de toute rigueur théologique.

Il ose même s’opposer délibérément au Magistère catholique infaillible
(Pie XII, Léon XIII, Conciles d’Asie Mineure,…)

 

·        Convergence du Père Pierre-Marie d’Avrillé, d’Ansgar Santogrossi, Bénédictin conciliaire, et de l’abbé de Tanoüarn pour adopter les conceptions hétérodoxes de Lécuyer sur l’Episcopat (n°56 - Sel de la terre),

·        Spiritus principalis : l’abbé de Tanoüarn et A.Santogrossi reprennent à leur compte l’onctionisme anti-christ de 1952 du Père Lécuyer, ennemi personnel de Mgr Lefebvre.

·        Afin de justifier fallacieusement ses sophismes, A.Santogrossi introduit de fausses traductions des formes essentielles diaconale, presbytérale et épiscopale identifiées par Pie XII

·        L’abbé de Tanoüarn et A.Santogrossi confondent le pouvoir de l’Ordre conféré (potestas ordinis) associé au caractère de nature ontologique, et la grâce du sacrement (gratias ordinis)

·        A l’exemple de la fausse justification conciliaire de l’anaphore d’Addaï et Mari, Santogrossi use d’expressions floues et non définies, typiquement modernistes et non théologiques (formules, signification implicite, effusion maximale de l’Esprit-Saint, signification intégrale…) qu’il substitue systématiquement au langage théologique thomiste précis du Magistère catholique infaillible (Pie XII, Léon XIII, Cardinal Franzelin).

·        La théologie du Sacerdoce, totalement absente du texte d’A.Santogrossi, est vidée de tout contenu pour justifier la « transitivité » de la nouvelle forme épiscopale qui réduit le Christ à un simple canal de transmission de l’Esprit-Saint, du Père vers l’Eglise militante pour fonder le Sacerdoce.

·        Dans la forme intégrale du nouveau rite épiscopal de Montini-Paul VI l’absence d’univocité de la forme sacramentelle essentielle ne saurait être compensée, selon les sophisme de Santogrossi, par une « formule » (dite « intégrale ») prétendue ‘suffisamment’ implicite.

·        La revue Objections contribue à étendre le débat sur l’invalidité du nouveau rite épiscopal, mais elle se disqualifie par le peu de sérieux de cet article qui apparaît n’être qu’une provocation.

 

 

 

 

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Table des matières

 

1      Résumé de notre réfutation de l’article cossigné par Santogrossi et l’abbé de Tanoüarn. 6

2      Préambule sur l’article d’Ansgar Santogrossi, auteur moderniste et d’une théologie approximative  10

3      Le texte de Santogrossi est-il crédible ? Manque de rigueur intellectuelle et théologique. 10

3.1       Santogrossi, un religieux conciliaire édité par l’abbé Celier et promu par l’abbé Barthe. 10

3.2       Absence de référence de Santogrossi à la littérature spécialisée, au Magistère ou aux manuels usuels de théologie ou de dogmatique. 12

3.3       Santogrossi ignore visiblement la distinction entre pouvoir de l’Ordre conféré (potestas ordinis, associée au caractère de nature ontologique) et la grâce sacramentelle (gratia ordinis) 12

3.4       Une grave erreur de sens logique : « Paul VI » mentionné au lieu de « Pie XII ». Qui a véritablement relu et contrôlé cet article ?. 12

4      Rappel des faits. 13

4.1       Le Magistère de l’Eglise exprimé par les Papes Léon XIII et Pie XII 13

4.2       La promulgation du nouveau rite par Montini-Paul VI en 1968. 15

5      Premier argument réfuté : contrairement aux allégations de Santogrossi, les critères d’univocité de Pie XII (1947) s’appliquent bel et bien aux formes sacramentelles traditionnelles explicites du diaconat et du presbytérat 15

5.1       Santogrossi affirme l’insuffisance du terme « presbytérat » dans la forme sacramentelle traditionnelle de la prêtrise (Pie XII) 15

5.1.1        Le sens catholique implicite de ‘presbyterat’ présenté arbitrairement par Santogrossi comme devant faire l’objet d’une formulation explicite et externe. 16

5.1.2        Faux argument protestant de Santogrossi contredit par la Bible Alioli : « presbyteros » signifie le pouvoir de consacrer (Concile de Trente) et pas seulement l’« Ancien ». 16

5.1.3        La négation du sens de ‘presbytérat’ par Santogrossi déjà réfutée dès 1898 par les évêques catholiques Anglais opposés aux Anglicans. 17

5.1.4        Les expressions liturgiques (presbyteros, ministerium, etc) doivent être prises dans le sens de la Tradition de l’Eglise et non pas dans leur sens étymologique seul 18

5.1.5        Le rite latin traditionnel de l’ordination presbytérale équipare « presbyteros » et « sacerdos », contrairement aux allégations de Santogrossi 18

5.1.6        La dérobade de Santogrossi présupposant la conclusion qu’il n’a pas encore démontrée  19

5.2       La fausse traduction par Santogrossi de la forme sacramentelle traditionnelle du diaconat en vue de la solliciter au secours de son montage. 20

5.3       Santogrossi substitue des termes dans la forme sacramentelle traditionnelle du rite épiscopal pour alléguer d’une ambiguïté prétendue sur la « plénitude du ministère ». 20

5.3.1        La fausse allégation d’ambiguïté du rite traditionnel pour l’épiscopat 20

5.3.2        La fausse traduction par Santogrossi de la forme épiscopale sacramentelle essentielle de rite latin identifiée par Pie XII (1947) 21

6      Deuxième argument réfuté : les faits contredisent la signification du pouvoir d’Ordre épiscopal de Spiritus principalis donnée par Santogrossi (à la manière du Père Lécuyer et d’Avrillé) 22

6.1       Exposé de la signification de Spiritus principalis par Santogrossi 22

6.2       Santogrossi déjà réfuté par la Notitia IV.. 22

6.3       La traduction abusive de hegemonikos par principalis. 23

6.4       Un adjectif dérivé (principalis) ne peut transférer au mot (Spiritus) le sens du substantif (Princeps) pour lui conférer éventuellemnt la signification du pouvoir d’Ordre. 24

6.5       Santogrossi affirme faussement que le Spiritus principalis puisse signifier le pouvoir de l’Ordre conféré (potestas ordinis épiscopale : plénitude des pouvoirs sacramentels) en sus de la grâce (gratias ordinis) du sacrement 24

6.6       La signification du Spiritus principalis de Santogrossi contredite par le rite Copte de bénédiction non sacramentelle d’un abbé. 25

6.7       Le Spiritus principalis du nouveau rite véhicule une hérésie adoptioniste et dynamiste condamnée par le concile d’Ephèse. 25

7      Troisième argument réfuté : l’absence d’univocité de la forme sacramentelle essentielle ne saurait être compensée par une « formule » (dite « intégrale ») prétendue ‘suffisamment’ implicite dans le nouveau rite épiscopal canciliaire. 26

7.1       Santogrossi réduit la forme sacramentelle (substance du sacrement) à une « formule » explicative  26

7.1.1        Le texte de Santogrossi introduisant le sophisme moderniste de la « formule » en lieu et place de la forme sacramentelle qui seule a un sens théologique. 26

7.1.2        Selon Santogrossi, la forme sacramentelle deviendrait une simple ‘formule’ qui ne serait qu’‘implicite 26

7.2       La pseudo-démonstration finale de Santogrossi enchaîne sophismes et confusions de termes et de concepts. 27

7.2.1        Le texte final de Santogrossi 27

7.2.2        La réinterprétation du Spiritus principalis par le moyen d’un échafaudage de sophismes et de confusions théologiques entre pouvoir d’Ordre (potestas ordinis) ontologique et juridiction épiscopale. 28

7.2.3        Une conception anti-théologique de l’épiscopat, proche de celle des pentecotistes et des charismatiques américains. 30

7.3       L’absence d’analyse de la théologie du Sacerdoce qui est exprimée par la forme « transitive » du nouveau rite  31

7.4       Une forme onctioniste du nouveau rite qui véhicule l’hérésie dynamiste condamnée par le concile d’Ephèse (canon 9) 31

7.4.1        La « forme » de Paul VI en usage chez les Episcopaliens (Anglicans américains) depuis 1979  31

7.4.2        La « forme » de Paul VI en usage dans une secte théosophique américaine. 32

7.5       L’oxymore de l’ « Ecclésiovacantisme » de l’abbé de Tanoüarn. 32

7.6       Quelques exemples de rites qui ruinent le sophisme de l’« implicitisme » inventé par Santogrossi 34

7.6.1        Les Zwingliens en Suisse. 34

7.6.2        La version syriaque-orthodoxe de l’Anaphore de Chrysostome. 35

7.6.3        L’Anaphore syriaque-orthodoxe de Xystus de Rome. 35

7.6.4        Le Testamentum Domini 36

7.6.5        Le précédent de l’abbé Lugmayr qui inventa un fausse justification de la validité de l’anaphore d’Addaï et Mari 36

7.7       L’ « implicitisme » ruiné par l’équivocité des traductions vernaculaires passées sous silence par Santogrossi 37

7.8       A rebours de l’argument de Santogrossi sur Pie XII, l’incertitude de la version promulguée par Montini-Paul VI 38

7.9       Le silence de Santogrossi sur le mensonge de Montini-Paul VI concernant le non usage de la nouvelle forme dans les rites sacramentels orientaux. 39

8      Un florilège de sophismes dans le texte de l’abbé de Tanoüarn et d’Ansgar Santogrossi 39

8.1       Un premier sophisme introduit par Santogrossi : le « degré d’univocité ». 39

8.2       Autre sophisme de Santogrossi, doublé d’une traduction biaisée du rite traditionnel, celui de la « signification implicite » qui procèderait de « connaissances implicites ». 41

9      Conclusion : questions sur la compétence et l’orthodoxie de l’abbé de Tanoüarn et de sa revue « Objections »  41


 

1         Résumé de notre réfutation de l’article cossigné par Santogrossi et l’abbé de Tanoüarn

 

Auteur bénédictin conciliaire moderniste, édité par l’abbé Celier et promu par l’abbé Barthe, Ansgar Santogrossi cosigne avec l’abbé de Tanoüarn dans le numéro 6 de la revue Objec tions (datée juin 2006, mais publiée en fait dans les derniers jours du mois de juin 2006), un article sans crédibilité, intitulé « Réponse à l’abbé Cekada ».

Ce texte est présenté comme une « véritable référence » et il prétend réfuter la démonstration de l’invalidité sacramentelle du nouveau rite de consécration épiscopale (Pontiifcalis Romani, 1968) qui a été apportée par l’abbé Cekada le 25 mars 2006 dans son étude : « Absolument nul et entièrement vain ».[1]

Ce texte d’Ansgar Santogrossi s’avère manquer de la rigueur intellectuelle et théologique la plus élémentaire. Nous remarquons l’absence totale de références à une littérature spécialisée, au Magistère ou aux manuels usuels de théologie ou de dogmatique.

De plus Santogrossi, piètre théologien, ignore visiblement toute distinction entre pouvoir de l’Ordre conféré (potestas ordinis associée au caractère de nature ontologique conférés ex opere operato par le sacrement des Saints Ordres catholiques), et la grâce sacramentelle (gratia ordinis).

 

Premier argument réfuté : nous démontrons que contrairement aux allégations de Santogrossi, les critères d’univocité de Pie XII (1947) s’appliquent bel et bien aux formes sacramentelles traditionnelles du diaconat et du presbytérat.

Santogrossi affirme témérairement l’insuffisance du terme « presbytérat » dans la forme sacramentelle traditionnelle de la Prêtrise (Pie XII) qui, selon lui, signifierait le terme profane d’« Ancien » et ignorerait les pouvoirs sacramentels liés à la prêtrise.

Le sens catholique implicite de ‘presbyterat’, reçu de manière immémoriale dans le sacrement des Saints Ordres catholique par l’enseignement de l’Eglise, est présenté arbitrairement par Santogrossi comme devant faire l’objet d’une formulation explicite et externe.

Ce faux argument protestant de Santogrossi est contredit par la Bible Alioli : « presbyteros » signifie bien le pouvoir de consacrer (Concile de Trente) et non seulement le sens profane d’« l’Ancien ».

Cette négation du sens implicite de ‘presbytérat’ par Santogrossi a déjà été réfutée dès 1898 par les évêques catholiques Anglais opposés aux Anglicans. D’ailleurs, les expressions liturgiques (presbyteros, ministerium, etc) doivent être prises dans le sens de la Tradition de l’Eglise et non pas dans leur sens étymologique seul, c'est-à-dire selon le sens même des « paroles que l'Eglise accepte et emploie comme telles. » dans le sacrement des Saints Ordres catholiques (Pie XII, Sacramentum Ordinis, 1947. Or, de surcroît le rite latin traditionnel de l’ordination presbytérale équipare explicitement les termes « presbyteros » et « sacerdos », contrairement aux allégations fallacieuses de Santogrossi. Inventant une réplique de l’abbé Cekada à son argument, Santogrossi finit par une dérobade en présupposant précisément sa conclusion qu’il cherche encore à fonder.

Santogrossi produit une fausse traduction de la forme sacramentelle traditionnelle du diaconat en vue de la solliciter au secours de son montage, en laissant entendre que la grâce pourrait apporter le pouvoir d’ordre (potestas ordinis).

Il suggère également une substitution de termes dans la forme sacramentelle traditionnelle du rite épiscopal pour alléguer d’une ambiguïté prétendue sur la signification de la « plénitude du ministère ». Santogrossi introduit en effet subrepticement une fausse traduction dans cette forme épiscopale sacramentelle essentielle de rite latin identifiée par Pie XII (1947), laissant croire que l’idée du sacerdoce en est absente, et que seule le terme « ministère » y figurerait, alors que le terme « sacerdote » y figure bien juste quelques mots avant l’expression « plénitude du ministère ».

 

Deuxième argument réfuté : les faits contredisent la signification du pouvoir d’Ordre épiscopal attribuée par Santogrossi à Spiritus principalis (à la manière du Père Lécuyer et d’Avrillé).

Santogrossi est déjà réfuté par la Notitia IV pour son interprétation du Spiritus principalis. Il produit une traduction abusive de « hegemonikos » par « principalis ».

Contrairement à ce qu’affirme le bénédictin conciliaire, l’adjectif dérivé (principalis) ne peut transférer au mot (Spiritus) le sens du substantif (Princeps) pour lui conférer éventuellement la signification du pouvoir d’Ordre.

Santogrossi affirme ainsi faussement que le Spiritus principalis pourrait signifier le pouvoir de l’Ordre conféré (potestas ordinis épiscopale : plénitude des pouvoirs sacramentels) en sus de la grâce (gratias ordinis) du sacrement. Cette signification du Spiritus principalis donnée par Santogrossi est contredite par le rite Copte de simple bénédiction non sacramentelle d’un abbé.

Ajoutons que le Spiritus principalis du nouveau rite épiscopal conciliaire véhicule une hérésie adoptioniste et dynamiste condamnée par le concile d’Ephèse.

 

Troisième argument réfuté : l’absence d’univocité de la forme sacramentelle essentielle ne saurait être compensée par une « formule » (dite « intégrale ») prétendue ‘suffisamment’ implicite dans le nouveau rite épiscopal conciliaire.

Santogrossi réduit en effet la forme sacramentelle (cœur de la substance du sacrement) à une « formule » explicative.

Son texte introduit le sophisme moderniste du terme « formule » en lieu et place de la « forme sacramentelle » qui seule a un sens théologique précis et univoque.

Selon Santogrossi, la forme sacramentelle ne serait réduite qu’à une simple ‘formule’ qui ne serait qu’‘implicite’.

C’est à partir de cet échafaudage de sophismes que la pseudo-« démonstration finale » de Santogrossi enchaîne sophismes et confusions de termes et de concepts.

 

Le sophisme final de Santogrossi consiste en effet, à partir des deux précédents sophismes, à prétendre faussement que le Spiritus principalis signifierait le « pouvoir d’Ordre épiscopal » (potestas ordinis), car, selon lui, il signifierait de « manière principale » la juridiction de l’épiscopat.

Or, comme cette juridiction serait, selon Santogrossi, inséparable du pouvoir d’Ordre épiscopal (potestas ordinis), le Spiritus principalis exprimerait bien implicitement le pouvoir d’Ordre épiscopal (potestas ordinis) et donc le critère de Pie XII serait bien respecté par la nouvelle « forme sacramentelle » épiscopale conciliaire de Montini-PaulVI.

Pour effectuer cette fausse démonstration, Santogrossi recours ici à plusieurs erreurs :

 

Le texte de Santogrossi révèle une absence d’analyse de la théologie du Sacerdoce qui est exprimée par la forme « transitive » du nouveau rite « sacramentel » conciliaire.

En effet, la forme onctioniste du nouveau rite épiscopal conciliaire véhicule l’hérésie dynamiste condamnée par le concile d’Ephèse (canon 9). Nous invitons les lecteurs à se reporter à la Notitia IV19.

 

Signalons en outre que la forme de Paul VI est en usage depuis 1979 chez les Episcopaliens (Anglicans américains), ainsi que dans une secte théosophique américaine. Pourquoi ?.

 

Nous citons par ailleurs quelques exemples de rites pseudo « sacramentels » qui ruinent le sophisme de l’« implicitisme » inventé par Santogrossi pour les besoins de son article : les Zwingliens en Suisse, la version syriaque-orthodoxe de l’Anaphore de Chrysostome, l’Anaphore syriaque-orthodoxe de Xystus de Rome et le Testamentum Domini.

Le texte de Santogrossi rappelle le précédent de l’abbé Lugmayer qui inventa un fausse justification de la validité sacramentelle de l’anaphore d’Addaï et Mari, dénuée pourtant de toute parole de consécration scaramentelle des Saintes Espèces.

 

Par ailleur l’« implicitisme » de Santogrossi est totalement ruiné par l’équivocité des traductions vernaculaires officielles du Vatican passées sous silence par Santogrossi.

 

Enfin, à rebours de l’argument de Santogrossi contre les formes sacramentelles identifiées et confirmées par Pie XII en 1947 dans Sacramentum Ordinis qu’il ne craint pas de qualifuer d’« ambiguës », ce qui, selon lui, justifierait son invention du sophisme de l’« implicitisme, signalons le fait certain et constatable de l’incertitude de la version promulguée par Montini-Paul VI pour son nouveau rite conciliaire de consécration à la Prêtrise.

 

Pour finir, nous prenons acte également du silence de Santogrossi et de Tanoüran sur le mensonge énorme de Montini-Paul VI affirmant dans sa « Constitution apostolique » Pontificalis Romani du 18 juin 1968 l’usage en 1968 de la nouvelle forme sacramentelle épiscopale dans les rites sacramentels orientaux.

 

Ce texte de l’abbé de Tanoüarn et d’Ansgar Santogrossi contient un florilège d’autres sophismes : tels sa trouvaille du « degré d’univocité », ou celle de « l’effusion maximale du Saint Esprit » [sic !], ou encore, autre sophisme de Santogrossi, doublé d’une traduction biaisée du rite traditionnel, celui de la « signification implicite » qui procèderait de « connaissances implicites  ».

Nous avons aussi noté l’oxymore proprement absurde de l’« Ecclésiovacantisme » et montré son sens anti-théologique et son non sens littéral.

En conclusion nous ne pouvons que poser des questions sur la compétence et l’orthodoxie de l’abbé de Tanoüarn et de sa revue « Objections ».

La publication de cet article par la revue Objections pose la question du devenir des travaux théologiques dans la Tradition. Pour l’abbé de Tanoüarn, il serait salutaire pour lui et les âmes qui dépendent de lui, qu’il effectue de toute urgence cet examen et cet « audit » interne.

L’article de Santogrossi représente pour la revue Objections, la sanction qui cumule toutes ces tares et constitue en un certain sens « une véritable référence » : cet article, il est vrai, qualifie désormais le niveau de cette revue, qui ne vise qu’à impressionner les ignorants et les âmes simples.

 

L’abbé Cekada apporte une conclusion très nette en écrivant le 5 juillet 2006 :

 

« (…) Quelques commentaires de la part du Fr. Pierre-Marie dans son pamphlet et du Frère Ansgar Santogrossi dans la revue’Objections’, sans avoir ni l’un ni l’autre effectué de recherches sérieuses sur les principes fondamentaux de la théologie sacramentelle, c'est là tout ce que les défenseurs du nouveau rite peuvent produire !

 

Je pense que nous sommes donc désormais fondés à affirmer que nous avons gagné sur le plan intellectuel le débat sur cette question.

 

Il demeure encore, bien sûr, de faire connaître au public nos conclusions."

 

Venons-en maintenant à l’analyse détaillée du texte de Santogrossi et de l’abbé de Tanoüarn et à sa réfutation.


 

2         Préambule sur l’article d’Ansgar Santogrossi, auteur moderniste et d’une théologie approximative

 

Le présent texte répond à l’article du Frère Ansgar Santogrossi o.s.b., cosigné par l’abbé de Tanoüarn sous le titre « Réponse à l’abbé Cekada » dans le numéro 6 (juin 2006) de sa revue « Objections ». A vrai dire ce serait d’abord à M. l’abbé Cekada qu’il reviendrait d’apporter la réplique à la revue „Objections“, car c’est lui qu’elle met directement en cause. Cependant ce dernier considère ce texte comme une simple provocation médiatique qui n’apporte rien à l’étude théologique sérieuse de la question (cf. la lettre de l’abbé Cékada en fin de document).

 

Nous avions quant à nous pris connaissance de ce texte de la revue Objections en constatant son absence totale de rigueur et la liste impressionante des sophismes sur lesquels il prétend se fonder.

 

La médiocrité et les incohérences évidentes de ce texte ne nous semblaient pas mériter de réponse : cette soi-disant « réfutation de l’abbé Cekada » étalant par elle-même son insuffisance et son manque de rigueur.

 

Il est apparu cependant que de nombreux fidèles peu avertis de ces questions ont été troublés par une certaine couverture médiatique accordé à l’abbé de Tanoüarn et à ses amis qui prétendent que ce texte aurait définitivement réfuté la démonstration de l’abbé Cékada de l’invalidité sacramentelle intrinsèque du nouveau rite épiscopal conciliaire du 18 juin 1968.

 

Les fidèles souhaitant dès lors disposer d’un argumentaire précis, la situation nous a donc paru présenter un certain caractère d’urgence, car nous constatons que de nombreux laïcs ne sont pas en mesure de réordonner les réponses que nous avons à l’avance, et depuis longtemps déjà, opposées publiquement à ces prétendues „objections.

 

Tout d’abord, quelques remarques préliminaires sur le texte de Frère Ansgar Santogrossi, un Bénédictin conciliaire qui, à ce que l’on dit, a étudié à Paris sans porter la coule de son ordre.

3         Le texte de Santogrossi est-il crédible ? Manque de rigueur intellectuelle et théologique

3.1      Santogrossi, un religieux conciliaire édité par l’abbé Celier et promu par l’abbé Barthe

Sur la quatrième de couverture de son récent ouvrage sur l’œcuménisme, Ansgar Santogrossi est présenté ainsi :

« Fr. Ansgar Santogrossi, o.s.b., est né en Californie en 1962. Docteur en philosophie de l’Institut catholique de Paris, spécialiste de Duns Scot, après avoir enseigné à Mount Angel Seminary (Oregon) pendant onze ans, il est actuellement maître des jeunes profès du monastère Nuestra Señora de Los Angeles (Cuernavaca, Mexique) et il y professe la philosophie. Auteur de l’Evangile prêché à Israël. A propos du dialogue judéo-chrétien (Clovis, 2002), il a publié dans de nombreuses revues d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique des articles concernant la philosophie, la théologie et la liturgie. »

Le texte d’Ansgar Santogrossi, cosigné par l’abbé de Tanoüarn, se caractérise par son manque de rigueur intellectuelle.

En effet le vocabulaire employé par le bénédictin conciliaire, reste systématiquement flou et ambigu (« formule » au lieu du terme Magistériel (et aristotélicien) de ‘formesacramentelle, « degré d’univocité », « effusion maximum de l’Esprit-Saint », etc). Un tel vocabulaire reste totalement étranger à celui de la discipline théologique dont il prétend se réclamer : la théologie du sacrement des Saint Ordres catholiques et ses définitions du Magistère catholique infaillible.

Les concepts introduits ou manipulés restent flous, obscurs et manquent de précision. Son absence de respect des règles de la matière théologique qu’il prétend traiter est patent. La légèreté du texte va jusqu’à remplacer « Pie XII » par « Paul VI » dans ses mentions. Le fait qu’une telle bévue ait pu passer en dit long et sur le manque de rigueur du rédacteur et sur le manque de contrôle de l’abbé de Tanoüarn sur la revue qu’il publie.

Cette absence de soumission à la rigueur théologique, cet éloignement regrettable de la précision thomiste propre à la théologie catholique, sont malheureusement typiques d’un auteur moderniste. Venant de la part d’Ansgar Santogrossi, auteur promu par l’abbé Barthe pour son apologie d’un oecuménisme pan-chrétien[3] (condamné par Pie X dans Mortalium Animos), nous pourrions ne pas nous en étonner. Mais qu’un tel texte puisse être cossigné et édité par l’abbé de Tanoüarn témoigne de l’affaissement intellectuel impressionnant de celui qui, naguère encore (printemps 2004), était présenté comme le théologien parisien de Mgr Fellay, Supérieur de la FSSPX !

Il faut en outre constater que cet auteur bénédictin conciliaire moderniste a également été publié par l’abbé Celier (FSSPX) aux Editions Clovis en 2002. Nous ne pouvons que nous interroger sur tout cela.

Devant la confusion intellectuelle du texte, il nous a parfois été difficile de préciser clairement la pensée brumeuse d’Ansgar Santogrossi dans le domaine très précis de la théologie sacramentelle. Après avoir apporté quelque clarté sur les arguments invoqués, nous avons mis en lumière leurs insuffisances ou leur caractère fallacieux. Le propre du flou introduit (à dessein ?) par un auteur en cette matière est de conduire à plusieurs interprétations possibles. Aussi faut-il nécessairement se limiter dans la réponse à un auteur qui refuse de (ou n’a pas pu) clarifier sa pensée sur ces sujets.

Nous ne pouvons que déplorer la publication d’un article aussi médiocre qui témoigne même d’une véritable décadence théologique, sans commune mesure avec le niveau des théologiens modernistes des années 1960 qui ont accompli la réforme conciliaire. Bien que nous nous opposions aux réformateurs de 1968, nous convenons en effet cependant que des clercs tel que le Père Lécuyer possédaient, eux, une véritable connaissance théologique approfondie et savaient par ailleurs jouer des nuances de leur science pour dissimuler sous leur érudition leurs interprétations hérétiques.

Finalement et bien que le propos puisse paraître sévère, nous croyons poser un juste constat en qualifiant cet article d’Ansgar Santogrossi de texte d’une médiocrité théologique telle que rarement rencontrée jusqu’ici parmi nos contradicteurs.

3.2      Absence de référence de Santogrossi à la littérature spécialisée, au Magistère ou aux manuels usuels de théologie ou de dogmatique

 

Dans ce texte de Santogrossi, force est de noter l’absence de notes de bas de page, l’absence de références quelconques à la littérature spécialisée, aussi bien qu’au Magistère ou aux manuels usuels de théologie ou de dogmatique.

 

L’astuce de Santogrossi par laquelle il prétend, à partir d’un sens „implicite“, rendre compte de la forme d’un sacrement, forme sacramentelle qu’il assimile et réduit systématiquement à des formules selon sa terminologie, fait penser à l’argumentation prétendant „démontrer“ la soi-disant validité sacramentelle, selon l’Osservatore Romano du 17.01.2001, de l’anaphore d’Addai & Mari pourtant dénuée de toute parole de consécration.

3.3      Santogrossi ignore visiblement la distinction entre pouvoir de l’Ordre conféré (potestas ordinis, associée au caractère de nature ontologique) et la grâce sacramentelle (gratia ordinis)

Dans son texte ne figure pas non plus la moindre discussion à propos du sacrement de la consécration en tant que tel, ni ne sont énoncés les différents effets que produit ce sacrement de la consécration, ainsi que nous les avons déjà exposés dans notre seconde réponse[4] à Avrillé. Dans ce document, le lecteur pourra trouver par ailleurs maintes références et notes de bas de page sur le sujet.

 

Comme Santogrossi ne traite même pas de la consécration sacramentelle en tant que telle, le lecteur non spécialisé ne pourra non plus par conséquent avoir la moindre idée du fait que celle-ci introduit une différence ontologique entre Caractère et Grâce.

Ainsi, selon Saint Thomas d’Aquin, pouvoirs sacramentels (potestas ordinis) et Caractère sont identiques, et non pas pouvoirs sacramentels (potestas ordinis) et Grâce (gratia ordinis). La Grâce produite par le sacrement des Saints Ordres catholiques est en effet toujours quelque chose qui, dans le sacrement, accompagne le don des pouvoirs sacramentels, tout en demeurant conditionnée à la présence de la grâce sanctifiante dans l’âme de l’impétrant.

Le pouvoir sacramentel (potestas ordinis) est donc reçu ex opere operato sans la grâce du sacrement (gratia ordinis) si l’impétrant est en état de péché mortel. Nous renvoyons le lecteur à nos précédentes études1 où nous avons traité en détail cette question.

3.4      Une grave erreur de sens logique : « Paul VI » mentionné au lieu de « Pie XII ». Qui a véritablement relu et contrôlé cet article ?

Fait très significatif de l’absence de rigueur de Santogrossi et de son cosignataire l’abbé de Tanoüarn, en deuxième ligne de la page 40 de la revue, l’auteur attribue à Paul VI la forme épiscopale « plénitude du ministère » alors qu’il s’agit en réalité d’un extrait de la forme sacramentelle traditionnelle essentielle confirmée et identifiée par Pie XII dans Sacramentum Ordinis.

 

Ainsi Santogrossi a, malencontreusement pour son argumentation, remplacé « Pie XII » par Paul VI. Or, toute sa démonstration repose, dans ce paragraphe et dans celui qui suit, sur la comparaison entre les formes sacramentelles traditionnelles du diaconat et de l’épiscopat au sein du rite latin, tel que confirmées et identifiées par Pie XII en 1947 dans sa Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis.

 

Le fait que Santogrossi ait ainsi commis cette confusion, qui se retourne contre sa propre argumentation, est énorme, et démontre qu’il ne peut nullement être ici question d’une coquille typographique malencontreuse.

Cette erreur logique illustre le peu de rigueur de nos apprentis théologiens à propos de Pontificalis Romani. Comment se fait-il que ni Santogrossi, ni l’abbé de Tanoüarn ne l’aient relevée, alors que pour celui qui lit l’article attentivement et qui connaît le dossier, elle saute aux yeux, tant elle rend le raisonnement de Santogrossi illogique et incohérent.

 

Nous en sommes réduit à nous poser la question : l’abbé de Tanoüarn serait-il à ce point fâché avec la logique, ou alors ne relirait-il pas ce qu’il cosigne et publie, alors même qu’il n’hésite pas à qualifier son texte de réfutation décisive ? Serait-ce là ce que l’abbé de Tanoaüarn veut désigner par son expression de « catholicisme baroque »[5] ?

 

Ou serait-ce plutôt que l’abbé de Tanoüarn aurait eu le dessein de publier rapidement n’importe quel texte, escomptant bien qu’il ne soit pas lu, compte tenu du caractère technique, voire rébarbatif, du sujet, dans sa revue, lui permettant ainsi de proclamer sur les medias de la Tradition partout à bon compte auprès d’un public de fidèles abusés que l’invalidité sacramentelle de la consécration épiscopale conciliaire du 18 juin 1968 aurait été définitivement réfutée.

4         Rappel des faits

4.1      Le Magistère de l’Eglise exprimé par les Papes Léon XIII et Pie XII

 

Rappelons tout d’abord, comme nous l’avions écrit dans les Notitiae de Rore Sanctifica publiées en début février 2006, ce qu’énonce infailliblement le Magistère de l’Eglise, par la voix des Papes Léon XIII et Pie XII, au sujet de la validité d’un sacrement.

 

L’examen d’un rite sacramentel distingue sa matière et sa forme (et non sa « formule ») qui doivent ensemble signifier de manière univoque l’effet du sacrement.

« Dans le rite qui concerne la confection et l'administration de tout sacrement, on distingue avec raison entre la partie cérémoniale et la partie essentielle, qu'on appelle la matière et la forme. Chacun sait que les sacrements de la nouvelle loi, signes sensibles et efficaces d’une grâce invisible, doivent signifier la grâce qu'ils produisent et produire la grâce qu’ils signifient. Cette signification doit se trouver, il est vrai, dans tout le rite essentiel, c'est-à-dire dans la matière et la forme ; mais elle appartient particulièrement à la forme, car la matière est une partie indéterminée par elle-même, et c'est la forme qui la détermine. » Léon XIII, Apostolicae Curae, 1896

L’intention doit également être examinée et s’avérer exprimer l’intention de « faire ce que fait l’Eglise » :

« la forme et l’intention sont également nécessaires à l’existence du sacrement. La pensée ou l’intention, en temps qu'elle est une chose intérieure, ne tombe pas sous le jugement de l'Eglise ; mais celle-ci doit en juger la manifestation extérieure. » Léon XIII, Apostolicae Curae, 1896

Pie XII, avec les notes de l’infaillibilité du magistère pontifical, souligne en 1947 dans sa Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis, que la forme doit être univoque dans l’expression des effets sacramentels et exprimer sans ambiguïté le pouvoir d’ordre (potestas ordinis, associée au caractère ontologique, conférée ex opere operato) et la grâce de l’Esprit-Saint (gratia ordinis) :

« C'est pourquoi, après avoir invoqué la lumière divine, en vertu de Notre suprême Autorité apostolique et en pleine connaissance de cause, Nous déclarons et, autant qu'il en est besoin, Nous décidons et décrétons ce qui suit : la matière et la seule matière des Ordres sacrés du diaconat, de la prêtrise et de l'épiscopat est l'imposition des mains ; de même, la seule forme sont les paroles qui déterminent l'application de cette matière, paroles qui signifient d'une façon univoque les effets sacramentels, à savoir le pouvoir d'ordre et la grâce de l'Esprit-Saint, paroles que l'Eglise accepte et emploie comme telles. » Pie XII, Sacramentum Ordinis, 1947.

Et Pie XII définit en 1947, dans sa Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis, texte revêtu des notes de l’infaillibilité pontificale, que la matière du rite de consécration épiscopale est constituée par l’imposition des mains, et la forme par les paroles de la Préface. Il identifie également dans cette forme la partie essentielle, « nommée forme essentielle », à savoir celle qui exprime la partie absolument requise pour la validité.

« dans l'ordination ou consécration épiscopale, la matière est l'imposition des mains faite par l'évêque consécrateur. La forme est constituée par les paroles de la Préface, dont les suivantes sont essentielles et partant requises pour la validité : Comple in Sacerdote tuo ministerii tui summam, et ornamentis totius glorificationis instructum coelestis unguenti rore sanctifica[6]. Tous ces rites seront accomplis conformément aux prescriptions de Notre Consti­tution apostolique « Episcopalis Consecratio­nis » du 30 novembre 1944 » Pie XII, Sacramentum Ordinis, 1947.

Il s’agit de la validité intrinsèque d’un rite sacramentel, c’est-à-dire que l’examen de la matière, de la forme et de l’intention exprimée, soumet le rite en lui-même à des critères stricts de validité parfaitement objectifs et constatables par quiconque.

 

Pie XII a énoncé ainsi deux critères auxquels doivent répondre une forme essentielle (diaconale, presbytérale ou épiscopale) afin qu’elle soit sacramentellement valide.

 

L’abbé Cekada, ainsi que notre Comité Rore Sanctifica, ont établi le constat que ces deux critères ne sont nullement respectés dans la nouvelle pseudo-« forme sacramentelle » épiscopale conciliaire de Montini-Paul VI : le pouvoir d’Ordre (potestas ordinis) n’est en rien exprimé dans la forme sacramentelle essentielle du nouveau rite conciliaire. Quant à la grâce de l’Esprit-Saint (gratia ordinis), dans le meilleur cas où le Spiritus principalis prétendrait l’exprimer, elle ne saurait revêtir une signification univoque dans la forme sacramentelle essentielle du nouveau rite épiscopal conciliaire, et en outre elle véhiculerait une hérésie christo-judaïsante19 (ce dont ni le Frère Santogrossi ni l’abbé de Tanoüarn n’ont cure !).

Or l’absence d’un seul de ces critères suffit selon le Pape Pie XII et à rendre le rite sacramentel invalide.

La confirmation solennelle de la désignation de la forme sacramentelle essentielle dans le rite de consécration épiscopale de rite latin date de 1947, lorsque Pie XII, au terme du travail d’une Commission compétente10 décida à cet effet de promulguer la Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis le 30 novembre 1947, en constatant que cette forme sacramentelle essentielle avait été en usage constant, invariable et documenté pour consacrer tous les évêques catholiques dans le rite latin depuis avant même l’an 300 !

4.2      La promulgation du nouveau rite par Montini-Paul VI en 1968

Les réformateurs de 1968, qui répudièrent totalement le rite latin, dont la forme sacramentelle épiscopale essentielle, confirmée par Pie XII, était pourtant constante et invariable depuis avant même l’an 300, décidèrent alors, sous l’autorité de Montini-Paul VI, et à l’instar de Pie XII, de désigner le 18 juin 1968 par la « Constitution Apostolique » Pontificalis Romani de Montini-PaulVI, une forme essentielle dans la nouvelle forme artificielle reconstruite et adoptée. Voyons maintenant quelle est cette forme essentielle dans le nouveau rite.

Voici ce qu’écrit Montini-Paul VI dans la « Constitution » Pontificalis Romani (1968) :

« Enfin, dans l'ordination de l'évêque, la matière est cette imposition des mains qui est faite en silence sur la tête de l'élu, avant la prière consécratoire, par les évêques consacrants ou au moins par le consécrateur principal. La forme consiste dans les paroles de cette prière consécratoire ; parmi elles, voici celles qui appartiennent à la nature essentielle, si bien qu'elles sont exigées pour que l'action soit valide : «Et nunc effunde super hunc electum eam virtutem, quæ a te est, Spiritum principalem, quem dedisti dilecto Filio Tuo Jesu Christo, quem ipse donavit sanctis apostolis, qui constituerunt Ecclesiam per singula loca, ut sanctuarium tuum, in gloriam et laudem indeficientem nominis tui»[7]. (…)

Nous voulons que ces décisions et prescriptions, dès maintenant et à l'avenir, soient fermement établies et demeurent en vigueur, nonobstant, pour autant que ce soit nécessaire, les Constitutions et Ordonnances apostoliques promulguées par nos prédécesseurs, et les autres prescriptions, même dignes de mention et de dérogation particulières.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 18 juin de l'année 1968, la cinquième de notre Pontificat. PAUL VI, PAPE. »

 

5         Premier argument réfuté : contrairement aux allégations de Santogrossi, les critères d’univocité de Pie XII (1947) s’appliquent bel et bien aux formes sacramentelles traditionnelles explicites du diaconat et du presbytérat

5.1      Santogrossi affirme l’insuffisance du terme « presbytérat » dans la forme sacramentelle traditionnelle de la prêtrise (Pie XII)

L’un des fondements de l’argumentation de Santogrossi en vue de contourner l’exigence d’univocité de Pie XII consiste à prétendre que le terme « presbytérat » utilisé dans la forme essentielle du rite traditionnel d’ordination presbytérale serait insuffisant à désigner de manière univoque le sacerdoce catholique.

« Car si la formule pour l'épiscopat doit mentionner la plénitude du pouvoir d'Ordre, en tant que celui-ci est distinct du pouvoir de la juridiction épiscopale, ainsi que le présuppose notre abbé, alors la formule de l'ordination du prêtre devrait mentionner, elle, le pouvoir d'offrir le Sacrifice, caractéristique du Hiereus grec, du Sacerdos latin, c'est-à-dire du Sacrificateur. En réalité, il n'en est rien. La formule classique retenue par Pie XII parle seulement de la «dignité du presbytérat». Chacun sait que le mot "presbyter" , utilisé par exemple dans l'Épître de saint Pierre, signifie "ancien" d'après l'étymologie grecque, et non pas le "sacrificateur". ». Santogrossi, page 39.

 

5.1.1      Le sens catholique implicite de ‘presbyterat’ présenté arbitrairement par Santogrossi comme devant faire l’objet d’une formulation explicite et externe

 

Employant un Circiterismus (la manie de l’à-peu-près, si chère aux modernistes) post-conciliaire, pour parler comme Romano Amerio, Santogrossi échange des sens implicites de l’expression «dignité du presbytérat» avec ce qui n’est exprimé qu’à l’extérieur de la forme, en en faisant une condition de validité explicite présupposée et externe.

La signification du pouvoir d’offrir le sacrifice est implicite à l’expression « dignité du presbytérat » dans l’ordination selon le rite catholique traditionnel, ce qui ne veut nullement dire qu’il faille que la forme essentielle l’exprime explicitement, ni moins encore que la signification explicite de ce pouvoir d’offrir le sacrifice soit exprimée à l’extérieur de la forme essentielle, ni qu’elle constitue une condition requise pour la validité du sacrement.

La « dignité du presbytérat » est en effet une expression dénuée de toute ambiguïté dans l’usage constant qu’en fait l’Eglise dans le sacrement des Saints Ordres : cette expression figure précisément parmi celles que visent Pie XII dans Sacramentum Ordinis en les qualifiants de « ….paroles que l'Eglise accepte et emploie comme telles. ».

 

Ainsi il serait impossible par exemple de conclure des seules prières de la consécration elles-mêmes à la Messe, que derrière l’hostie et la coupe dont il est question dans ces prières, que l’on doive comprendre qu’il s’agisse bien de pain de froment et de vin de raisins. Il est cependant précisé expressément de la nature de ces matières à la rubrique de defectibus du Missel traditionnel. Et de plus cela est enseigné à tout catholique par le catéchisme depuis le Concile de Trente.

 

5.1.2      Faux argument protestant de Santogrossi contredit par la Bible Alioli : « presbyteros » signifie le pouvoir de consacrer (Concile de Trente) et pas seulement l’« Ancien »

 

De la même manière, il faut réfuter l’argument non pertinent selon lequel l’expression presbyteros ne désignerait que des Anciens dans le Nouveau Testament, mais nullement un officiant du culte muni du pouvoir de consacrer. C’est là un argument tiré directement de l’impudence des modernistes. Que l’on examine seulement, dans la lettre de Saint Jacques dans la Vulgate de l’édition de la Bible Alioli, le passage où il est question de l’extrême-onction (5.14 – 15) :

 

14 Infirmatur quis in vobis? Advocet presbyteros ecclesiae, et orent super eum, unguentes eum oleo in nomine Domini.

15 Et oratio fidei salvabit infirmum, et allevabit eum Dominus; et si peccata operatus fuerit, dimittentur ei.

 

Les commentaires de la Bible-Alioli, tout comme ceux du Catéchisme du Concile de Trente, indiquent pourtant très clairement que sous le terme de presbyteros, il faut comprendre des dispensateurs de sacrements investis des pouvoirs sacramentels, et c’est bien en ce sens que l’Eglise[8] a toujours utilisé ce terme : « ….paroles que l'Eglise accepte et emploie comme telles. ». Ni Santogrossi, ni Tanoüarn ne semblent le savoir !

 

C’est encore ici chez les libéraux et chez la critique protestante de la Bible que Santogrossi continue à puiser son argumentation, ce que l’éditeur de la revue „Objections“, l’abbé Guillaume de Tanoüarn, qui signe l’introduction de l’article de Santogrossi, laisse passer sans piper mot.

 

5.1.3      La négation du sens de ‘presbytérat’ par Santogrossi déjà réfutée dès 1898 par les évêques catholiques Anglais opposés aux Anglicans.

 

Il reste qu’il n’était pas toujours clair de savoir si le terme presbyteros s’appliquait toujours à un Prêtre, ou s’il pouvait s’appliquer aussi à un Evêque[9]. C’est précisément pour cette raison que la forme traditionnelle précise secundi meriti munus,- ministère du deuxième rang. Il existait alors des expressions alternatives, qui éliminaient soigneusement tout malentendu[10].

 

Comme toujours des expressions employées pour désigner la postestas ordinis elle-même, se distinguent bien clairement des expressions qui signifient les grâces correspondantes. A ce sujet le sens n’est nullement implicite, mais tout à fait explicite, consigné ailleurs, et en partie dans les rubriques elles-mêmes.

Du reste, la „Vindication“ (Défense) des évêques catholiques anglais, écrite en défense de la Bulle Apostolicae Curae de Léon XIII (1896) et en réponse aux Anglicans, réfutait déjà en 1898 cet argument de Santogrossi. Apparemment Tanoüarn et Santogrossi l’ignorent totalement ! Que l’on se reporte seulement, en pages 24 et 25 de ce document, à ce qu’écrivaient alors les évêques catholiques anglais sur cette question[11].

Les expressions liturgiques (presbyteros, ministerium, etc) doivent être prises dans le sens de la Tradition de l’Eglise, selon le sens des « ….paroles que l'Eglise accepte et emploie comme telles.», et non pas dans leur sens étymologique seul.

 

5.1.4      Les expressions liturgiques (presbyteros, ministerium, etc) doivent être prises dans le sens de la Tradition de l’Eglise et non pas dans leur sens étymologique seul

 

En outre les expressions ne doivent pas être comprises selon leur sens etymologique pur, mais selon leur sens toujours entendu par l’Eglise (« ….paroles que l'Eglise accepte et emploie comme telles).

Sous cet aspect, le terme ministerium dans la forme du Diaconat ne signifie rien d’autre qu’une traduction littérale du mot grec diakonia[12], alors que l’expression summa ministerii tui désigne l’Episcopat selon l’usage liturgique commun reconnu et commenté, et cela bien longtemps avant la Constitution Apostolique Sacramentum ordinis[13] de Pie XII de 1947. Ces sens ne sont nullement implicites, mais sont, bien au contraire, consignés très explicitement dans des commentaires qualifiés très communs et aisés à trouver, figurant pour la plupart dans les documents du Magistère lui-même.

 

5.1.5      Le rite latin traditionnel de l’ordination presbytérale équipare « presbyteros » et « sacerdos », contrairement aux allégations de Santogrossi

 

En outre Santogrossi joue sur la méconnaissance par les lecteurs des textes des rites sacramentels : nous avons en effet déjà fait observer qu’il prétend que le terme Presbyteros n’aurait dans le nouveau Testament nulle signification sacrée, telle que la signification des termes sacerdos ou hieros. Mais voici justement comment cette fonction sacrée du terme Presbyteros est spécifiée très exactement par le Rite Tridentin :

« Consecrandi, filii dilectissimi, in Presbyteratus officium, illud digne suscipere, ac susceptum laudabiliter exsequi studeatis. Sacerdotem etenim oportet offerre, benedicere, praeesse, praedicare, et baptizare ».[14]

 

Ainsi que nous pouvons le constater, c’est dans le rite tridentin lui-même que les termes Presbyteratum et Sacerdotium sont équiparés.

Nous en arrivons dès lors à une désinformation des plus sérieuses, lorsque l’auteur prétend que ce ne serait que de manière purement „implicite“ que l’on pourrait savoir que la forme essentielle du rite latin désigne bien le sacerdoce sacrificiel, et que, par suite, la forme sacramentelle traditionnelle essentielle de la consécration à la Prêtrise ne mentionnerait qu’insuffisamment le sacerdoce (usage de l’adverbe seulement), car il aurait déjà prouvé, prétend-il fausement, que le terme Presbyteros n’aurait pour seule signification que la signification profane de l’Ancien.

« La formule classique retenue par Pie XII parle seulement de la ‘dignité du presbytérat’ ». Santogrossi, page 39.

 

5.1.6      La dérobade de Santogrossi présupposant la conclusion qu’il n’a pas encore démontrée

Anticipant une réponse de l’abbé Cekada à ce faux argument du sens prétendument non sacramentel de « presbytérat », Santogrossi prétend anticiper la réponse de l’abbé Cékada à cette pseudo argumentation, et tente en même temps de la réfuter par une contre-réplique qui n’est rien d’autre qu’un sophisme.

« Tout à sa volonté de réfuter la validité du nouveau rite d'ordination des évêques, Cekada ironise à ce sujet. Selon lui, l'idée de gouvernement sous-jacente à l'expression "Spiritus principalis" ne distingue pas l'évêque catholique de son homologue... mormon. Mais une telle remarque s'appliquerait également au mot "presbyter", fixé par Pie XII comme le substantif essentiel dans la forme du sacerdoce. C'est que "Presbyter" a fini par acquérir, dans l'Eglise, la signification d'un sacerdoce sacrificiel, répliquerait, sans doute, l'abbé Cekada.

 

Contre-réplique : comme l'indique le dictionnaire patristique cité par Cekada lui-même, le mot hegemonikon, dont principalis est une traduction latine, a acquis, lui aussi, une nouvelle signification chrétienne, celle de l'épiscopat. » Santogrossi, page 39

 

En effet, dire que c’est au cours de l’histoire que le presbytérat aurait signifié des pouvoirs sacramentels et, par analogie, affirmer gratuitement que le Spiritus Principalis (ou hegemonikon) aurait aussi acquis à son tour au cours de l’histoire la signification d’une consécration épiscopale est tout à fait abusif.

Que fait Santogrossi ? Par une pirouette de rhétorique, il imagine une réplique à son argument et ensuite invente une fausse contre-réplique en s’appuyant sur la conclusion de son article alors même qu’il cherche à en poser les bases de la démonstration. Le procédé ne trompera personne.

5.2      La fausse traduction par Santogrossi de la forme sacramentelle traditionnelle du diaconat en vue de la solliciter au secours de son montage

 

A ce propos, au sujet de la forme sacramentelle traditionnelle de la consécration du Diacre, on ne saurait se contenter de la manière dont Santogrossi la cite, alors qu’il ne mentionne même pas les versions vernaculaires officielles. Une bonne traduction figure dans l’ouvrage „Les Ordinations“, douzième édition stéréotypée, conforme à la Const. Apost. sur les ordres sacrés du 30. Nov. 1947 (Sacramentum ordinis). Imprimatur, Tournai 14.01.1950 :

« Répandez en eux votre Esprit Saint, nous vous en prions, Seigneur ; qu’il les réconforte par les sept dons de la grâce pour le fidèle accomplissement de votre ministère ».[15]

Nous insistons sur le mot « fidèle », parce que la grâce conférée (gratia ordinis) ici n’est pas le pouvoir d’ordre (potestas ordinis), mais celle-ci justement doit accompagner ce dernier pour le fidèle accomplissement du ministère, fidélité liée précisément à cette grâce sacramentelle, et à la présence de la grâce sanctifiante dans l’âme de l’impétrant. Mais Santogrossi, lui, présente cette forme sacramentelle traditionnelle de la manière suivante :

«Envoyez en celui-ci, nous le demandons, Seigneur, l'Esprit Saint, par lequel il sera fortifié par le don de votre grâce septiforme pour l'œuvre de l'accomplissement de votre service (ministerii)». Santogrossi, page 38

Santogrossi, par sa fausse traduction, donne ainsi l’impression, que la grâce du diaconat (gratia ordinis) constituerait le pouvoir d’ordre (potestas ordinis) du diaconat, alors qu’ils diffèrent par leur nature même.[16] Dans nos deux précédentes réfutations des articles d’Avrillé, nous avons déjà démasqué cette erreur protestante, que l’on retrouve également chez les soi-disant orthodoxes.[17]

 

5.3      Santogrossi substitue des termes dans la forme sacramentelle traditionnelle du rite épiscopal pour alléguer d’une ambiguïté prétendue sur la « plénitude du ministère »

5.3.1      La fausse allégation d’ambiguïté du rite traditionnel pour l’épiscopat

Voici comment Santogrossi avance sa fausse thèse :

« Passons à la formule traditionnelle du diaconat pour la comparer avec celle de l'épiscopat selon Paul VI : on dit que le diacre reçoit le Saint-Esprit pour "l'œuvre du ministère" tandis que l'évêque reçoit la "plénitude du ministère". La formule épiscopale ne dit pas "plénitude du sacerdoce", mais "du ministère", ce qui est générique et donc moins univoque que "sacerdoce". Mais alors, comment l'abbé Cekada a-t-il la certitude que "plénitude du ministère" fait un évêque et non un archidiacre ?

Parce qu'il est dit que c'est un prêtre qui reçoit le sacrement, répliquerait-il peut-être.

Contre-réplique : cette réplique présuppose que la signification de "plénitude du ministère" est déterminée par tout un domaine de connaissances implicites, car rien dans la formule elle-même n'indique qu'un prêtre ne peut être archidiacre ni que l'archidiaconat n'est pas un degré du sacrement de l'Ordre. Nous allons montrer ci-dessous que c'est justement un champ semblable de significations implicites qui donne une signification épiscopale à la phrase "Spiritum principalem" dans la formule de Paul VI. » Santogrossi, page 40.

 

Contrairement à ces allégations, nous allons voir que la forme sacramentelle de Pie XII contient bien l’expression de la plénitude du sacerdoce, et que le terme ministerium se rapporte explicitement à un prêtre.

Signalons aussi ce texte de Santogrossi contient une erreur, il s’agit de Pie XII et non pas de Paul VI.

5.3.2      La fausse traduction par Santogrossi de la forme épiscopale sacramentelle essentielle de rite latin identifiée par Pie XII (1947)

 

Pour l’information des lecteurs il faut ici souligner à ce propos une substitution de termes, introduite subrepticement par Santogrossi dans la forme sacramentelle de la consécration épiscopale latine traditionnelle, telle que confirmée en 1947 par le Pape Pie XII dans sa Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis. Santogrossi suggère en effet l’idée suivante de cette forme sacramentelle de la consécration épiscopale :

„comple in presbytero tuo summa ministerii tui“,

 

alors que la véritable forme sacramentelle de la consécration épiscopale latine traditionnelle utilise précisément le terme exact et univoque de sacerdos :

 „comple in sacerdote tuo summa ministerii tui“. Pie XII, 1947

 

Ce tour de passe-passe subreptice une fois mis au jour sous les yeux des lecteurs, toute l’argumentation de Santogrossi s’effondre, et par conséquent l’Abbé Cekada est pleinement fondé dans son étude.

 

Du reste le Rite traditionnel de la consécration sacerdotale énonce :

“Accipe potestatem offerre sacrificium Deo, Missasque celebrare, tam pro vivis, quam pro defunctis. In nomine Domini.[18] »

C’est donc le rite lui-même qui définit lui aussi ce qu’il faut entre par les termes Presbyterus et Sacerdos, et cela de manière aussi explicite que possible, et non pas de manière „implicite“ ainsi que le soutiennent Santogrossi et Tanoüarn.

 

Conclusion

 

Nous venons de démontrer que contrairement aux allégations de Santogrossi, les critères d’univocité de Pie XII (1947) s’appliquent bel et bien aux formes sacramentelles traditionnelles du diaconat et du presbytérat


6         Deuxième argument réfuté : les faits contredisent la signification du pouvoir d’Ordre épiscopal de Spiritus principalis donnée par Santogrossi (à la manière du Père Lécuyer et d’Avrillé)

6.1      Exposé de la signification de Spiritus principalis par Santogrossi

 

Voici comment Santogrossi tente d’interpréter le Spiritus principalis présent dans la nouvelle forme sacramentelle essentielle de Montini-Paul VI. Le moine bénédiction essaie de présenter comme une « évidence » le lien entre l’Esprit principal et l’épiscopat.

 

« L'adjectif "principalem" qualifie le nom "Spiritum" dans la forme Paul VI : «l'Esprit qui fait les chefs». Il renvoie au latin princeps (le premier) et il est la traduction latine du grec hegemonikon, un mot qui normalement signifie pouvoir, domination ou gouvernement. L'expression pneuma hegemonikon (Spiritum principalem) se trouve mentionnée comme exprimant un don divin, dans le psaume 50. Elle a été utilisée dans de nombreuses prières consécratoires orientales pour des charges et des bénédictions diverses. Toutes ces charges ont quelque chose à voir avec l'autorité, et il se trouve aussi que le champ sémantique naturellement associé à ce concept — vocables tels prince ou chef— est bien présent dans la pensée des Pères et des écrivains ecclésiastiques médiévaux quand ils caractérisent les évêques comme "princes", "premiers" ou "chefs" dans l'Eglise. Les dictionnaires de grec et de latin patristique cités par l'abbé Cekada lui-même associent hegemonikon et principalis avec la charge épiscopale. En outre, la première chose que le Concile de Trente enseigne sur les évêques, décret sur le sacrement de l'Ordre au chapitre 4, c'est le fait qu'ils sont les membres principaux de la hiérarchie. Ils sont établis par l'Esprit Saint pour régir l'Eglise — la charge épiscopale de gouvernement est mentionnée avant le pouvoir de confirmer et ordonner. Et même l'Introït du commun de la messe des Confesseurs Pontifes, que l'abbé Cekada lit un certain nombre de fois dans l'année, dit à propos du saint év