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CAPITAL : Lettre ouverte solennelle des fidèles aux quatre évêques de la FSSPX

http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-10-10-A-00-Appel_aux_quatre_eveques_de_la_FSSPX.pdf


Qui et Pourquoi, depuis la mort de Mgr Lefebvre en 1991, a détourné la finalité surnaturelle de l’OPERATION-SURVIE des sacres de 1988, pour assigner à la FSSPX ce FAUX objectif prioritaire de la «ré-conciliation» avec la Rome conciliaire
(en fait la «ré-conciliarisation» de la FSSPX) ?

Qui a, depuis 2000, PROMU, et Pourquoi, le FAUX préalable de l’autorisation de la messe de Saint Pie V ?

Pourquoi n’a-t-on pas posé la VRAIE question du rétablissement du VRAI Sacerdoce de VRAIS prêtres, ordonnés par des Evêques VALIDEMENT sacrés selon le rite VALIDE des Saints O rdres ?

Qui a INVENTE, et POURQUOI, le faux préalable de la levée des «excommunications» ?

Pourquoi n’a-t-on pas posé la VRAIE question de l’abrogation de Pontificalis Romani INVALIDE de 1968 et du rétablissement du vrai rite de la consécration épiscopale VALIDE d’avant 1968?

A quoi servirait-il, en effet, de faire dire le VRAI rite de la messe par de FAUX prêtres ?

Serait-ce donc qu’après avoir obligé de VRAIS prêtres à dire une FAUSSE messe, l’on veuille désormais faire dire la messe du VRAI rite par de FAUX prêtres ?

Serait-ce que l’on veuille «concilier» les VRAIS prêtres qui disent encore la VRAIE messe avec un clergé aussi INVALIDE que le FAUX CLERGE ANGLICAN ?


Gaude, Maria Virgo, cunctas hæreses sola interemisti.

(Tractus Missæ Salve Sancta Parens)

samedi 3 mai 2008

Ce message peut être téléchargé au format PDF sur notre site http://www.virgo-maria.org/.

A l’heure du ralliement des rédemptoristes !

Le double langage de Mgr Fellay à la veille du guet-apens du 5 mai

Traditionaliste en apparence mais moderniste dans ses conclusions

Décryptage, à partir de deux textes récents du supérieur de la FSSPX.

L’obstination destructrice de Mgr Fellay ira-t-elle jusqu’à devoir provoquer une refondation de la FSSPX ?

La lecture des deux textes les plus récents de Mgr Fellay fait ressortir de multiples contradictions et une légèreté de gouvernement tout à fait consternantes.

Mgr Fellay a signé le 14 avril l’éditorial de la Lettre aux amis et bienfaiteurs et la revue Fideliter vient de publier une interview de lui dans sa livraison de mai-juin 2008 pour les 20 ans des sacres.

Nous publions ces textes en annexe.

Un constat réaliste… apocalyptique

Tout d'abord, dans ces deux textes, Mgr Fellay dresse un constat, somme toute assez réaliste, bien qu'incomplet et dans un style déplorable pour un évêque, de l'incroyable détérioration de l'église conciliaire.

« Rien n'a changé » semble être le leitmotiv de Mgr Fellay.

Il décrit même une dégradation continuelle de la doctrine, de la foi, la montée inexorable du péril pour les âmes, à tel point que l'on ne peut que penser à cette réflexion qu'écrivait Mgr Lefebvre à Max Barret : « ils n'ont pas changé, si ce n'est en pire ».

Mgr Fellay décrit donc une intensification du combat contre la foi par l’épicentre romain et ses satellites ‘épiscopaux’ conciliaires, combat au sein duquel la FSSPX apparaît, à ses yeux, comme une arche de salut, ultra minoritaire, mais héritière du combat de Mgr Lefebvre.

Il décrit également l'hostilité fondamentale de Rome envers la FSSPX, dénonçant les actions de ‘saucissonnage’ dont elle est victime de la part du Vatican, et exprimant avec force sa propre conviction d’une volonté de Rome de lui faire accepter l'esprit conciliaire ainsi qu’à la FSSPX.

Voyons plus précisément ce que dit Mgr Fellay à l'appui de ce tableau apocalyptique tout d’abord dans la Lettre aux amis et bienfaiteurs.

C’est la poursuite dans le sens de l’hérésie !

Mgr Fellay poursuit dans la même ligne dans Fideliter :

Et dans la Lettre aux amis et bienfaiteurs du mois d'avril 2008, Mgr Fellay dresse le panorama de cette démolition de l'Eglise qui se poursuit sous Ratzinger :

« il faut conclure que rien n'a changé dans la volonté de Rome ne poursuive les orientations conciliaires, malgré 40 années de crise, malgré le couvent des peuples, les presbytères abandonnés, les églises vides. Les universités catholiques persistent dans leurs divagations, l'enseignement du catéchisme reste une inconnue alors que laisse l'école catholique n'existe plus comme spécifiquement catholique : c'est devenu une espèce éteinte... ».

À toute cette opération de démolition, à la fois mondiale et sans précédent dans toute l'histoire de l'Eglise, qu'il vient de décrire, Mgr Fellay ajoute la volonté nuisible de Rome de détruire la FSSPX et la Tradition catholique :

« oui, je suis persuadé que cet esprit, que nous appelons est conciliaire, règne encore en maître à Rome. Et je suis tout autant persuadé qu'on ne me forçait l'accepter. » Il évoque également les « opérations de « saucissonnage » de la part de Rome et des évêques » ».

Mgr Fellay aurait-il pu exprimer plus clairement et plus consciemment la continuité totale de Benoît XVI-Ratzinger avec Jean-Paul II dans cette action de démolition de l'Eglise, de travail à la perte des âmes et de damnation du plus grand nombre ?

Aurait-il pu exprimer sa conviction intime du comportement ennemi de Rome, c'est-à-dire de Ratzinger et son équipe, à l'égard de la FSSPX ?

Et le motu proprio n’est qu’un piège liturgique « accessoire » du Vatican

Alors, neuf mois après la promulgation du Motu proprio, quel bilan tire-t-il de ce qui correspond au premier préalable de ce qu'il avait souhaité ?

Nous pouvons résumer la position de Mgr Fellay en disant que premièrement pour lui, le Motu Proprio est un bien accessoire par rapport au bien fondamental qu'est la doctrine et donc la conservation de la foi, et deuxièmement que ce motu proprio apparaît aujourd'hui comme extrêmement dangereux, car créant une tentation, à laquelle beaucoup ne résistent pas, et qui entraîne à la perte du bien fondamental et primordial qu’est la foi.

En effet :

Mgr Fellay ne pouvait exprimer plus clairement que la question du rite de la messe, dans la crise actuelle, et donc le motu proprio, est secondaire, et que ce qui est en jeu est bien plus primordial, il s'agit de la conservation de la perte de la foi, et donc de la damnation des âmes.

Conservation de la foi qui passe par la préservation du Sacerdoce sacramentellement valide, ne l’oublions pas, et aussi par l’abandon par la FSSPX de sa doctrine totalement erronée de l’infaillibilité et de sa fausse ecclésiologie.

Voyons également comment, l’évêque suisse, dénonce le Motu proprio comme dangereux[1].

Mgr Fellay a donc expliqué, dans des termes qui ne souffrent aucune ambiguïté, et dans deux textes de très grande diffusion, que la question du rite de la messe, du Motu proprio, est très relative, quasiment accessoire, et de plus qu'elle introduit une « tentation », une « illusion », qui s'avèrent « extrêmement dangereuses ».

Et dangereuse par rapport à quoi ? Par rapport au bien capital, majeur, supérieur à tout autre bien, et qui n'est rien d'autre que la question de la foi, de sa survie, et par là même du salut des âmes.

C'est donc dans ces termes que Mgr Fellay fait à la fois le constat du « pontificat » de Ratzinger et tire le bilan du Motu proprio.

Bilan : une situation bien pire qu’en 1988

Il s'agit donc, de façon on ne peut plus claire,

Or, le motu proprio a été appelé de tous ses voeux par Mgr Fellay, en particulier en organisant un « bouquet spirituel » parfaitement cynique, le plan étant déjà connu à l'avance, et en réalité sacrilège.

Mgr Fellay a menti publiquement sur Radio courtoisie pour assurer la propagande de ce « bouquet ».

Ce Motu proprio a été célébré, lors de sa promulgation, par Mgr Fellay. Il a obligé les prieurs a chanter le Te Deum, lors de sa parution en juillet 2007.

Et en avril 2008, Mgr Fellay découvre le fruit vénéneux de ce qu'il a considéré comme étant la réalisation de son premier préalable.

Mgr Fellay, en engageant les discussions avec Rome, et en adoptant comme premier préalable, cette semi-liberté du rite de Saint Pie V, est l'évêque qui a permis l'apparition de cette « tentation », « illusion », « extrêmement dangereuse » et aujourd'hui, neuf mois après sa parution, découvrant les défections et les désastres qui s'ensuivent, il semble découvrir naïvement que ce Motu proprio est en passe de sacrifier l'essentiel, la foi, pour l'obtention d'un gain très secondaire.

Et l'évêque suisse de s'étonner.

Et de continuer à affirmer, de manière totalement contradictoire, que

« l'ancienne messe un antidote à la crise de l'église et il se peut bien que ce Motu proprio marque un tournant décisif dans l'histoire de cette crise ».

Une telle naïveté, une telle inconséquence, une telle contradiction sont absolument stupéfiants.

Mais l’évêque suisse n’a-t-il pas été jusqu’à inventer, le 25 mars 2007, cette hérésie du « Sacerdoce probable », condamnée par les Pontifes romains, pour protéger ses discussions avec Rome ?

Ce qui démontre qu’il ne se soucie guère de l’objet fondamental de l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre pour constituer l’« Arche d’Alliance » (Mgr Lefebvre dixit) qui préserve la pérennité du véritable Sacerdoce sacrificiel catholique sacramentellement valide.

Mais, chose encore plus stupéfiante, la naïveté et la contradiction Mgr Fellay ne s'arrêtent pas là. Pour, on ne sait quelle raison mystérieuse, après n'avoir pas encore tiré les conséquences logiques de son propre raisonnement, et de l'analyse, par ailleurs lucide, de la situation qu'il fait, Mgr Fellay poursuit encore plus loin dans l'incohérence.

Etant au bord du précipice, il faut faire un pas en avant

En effet, il réclame désormais la levée du décret d'excommunication, c'est-à-dire la réalisation du deuxième « préalable », qui correspond à la deuxième phase du plan de ralliement.

« On peut désirer ce retrait » dit-il, « ce serait un signe que Rome reconnaît la tradition, qu'elle l'accepte à part entière dans l'Eglise. » « Nous avons toujours considéré comme un juste l'acte posé par Jean-Paul II le 2 juillet 88 et celui du 1er juillet du Cardinal Quentin. Il est donc tout à fait normal que justice soit rendue par le retrait de ce décret. » Poursuit-il dans Fideliter.

Et dans la lettre aux amis bienfaiteurs d'avril 2008 : « nous continuons de demander au Saint-Père l'annulation du décret d'excommunication de 1988, car nous sommes persuadés que cela fera le plus grand bien à l'église et nous vous s'encourageant à prier pour que cela se réalise. »

« Le plus grand bien à l'Eglise » dans la Lettre aux amis et bienfaiteurs d'avril 2008 et « le bien supplémentaire qui pourrait être fait à toute l'église » dans Fideliter.

À aucun moment, dans ces deux textes, le supérieur de la FSSPX ne donne les raisons convaincantes pour lesquelles la levée de ce décret d'excommunication serait « un bien à l'Eglise ».

La sobriété de ses explications est pour le moins étonnante et inacceptable, alors que dans le même texte il vient de montrer la tentation « extrêmement dangereuse » qu’a constitué le premier préalable (Motu proprio).

Le reniement de la charte-consensus du 6 juillet 1988 … et des fidèles de Mgr Lefebvre

Mgr Fellay ne fait aucune allusion à la demande d’extension de l’excommunication qui avait été adressée aux autorités conciliaires à Rome par la totalité des responsables de la FSSPX[3] le 6 juillet 1988 :

« En revanche, nous n'avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d'Eglise Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missae, l'œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n'avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d'Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Eminence ou d'un autre dicastère n'en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d'être déclarés ex communione de l'esprit adultère qui souffle dans l'Eglise depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Epouse, l'Eglise Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine

Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d'honneur et un signe d'orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s'adressent ne sont pas de la communion d'une contrefaçon d'Eglise, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste. Unis à ces fidèles, nous faisons nôtres les paroles du prophète (1 Rois, vii, 3) : Preparate corda vestra Domino et servite Illi Soli : et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum. Convertimini ad Eum in toto corde vestro, et auferte deos alienos de medio vestri. “Attachez fermement votre cœur au Seigneur et servez-le Lui Seul : et Il vous délivrera des mains de vos ennemis. C'est de tout Notre cœur que vous devez revenir à Dieu ; ôtez du milieu de vous les dieux étrangers”

Confiants dans la protection de Celle qui a terrassé toutes les hérésies dans le monde entier, nous vous prions d'agréer, Éminence, l'assurance de notre dévouement à Celui qui est l'unique voie de salut ». Lettre ouverte au Cardinal Gantin signée par tous les responsables de la FSSPX.

Alors que l'enjeu que décrit Mgr Fellay est crucial et historique pour la sauvegarde de la foi catholique, et dans cet instant particulier de l'histoire de l'Eglise que nous vivons, ce silence sur sa deuxième demande n'est pas acceptable.

Puisque l'accord du soi-disant premier « préalable » se traduit, neuf mois plus tard, par des défections, des tentations, et l'abandon du combat de la fois, pourquoi donc n'en irait-il pas de même pour l'accord du deuxième préalable ?

Mgr Fellay y a-t-il réfléchi ?

Après avoir dressé un constat aussi calamiteux à la fois de la volonté de démolition des dirigeants romains, de leur comportement en ennemis de la FSSPX, et de l'effet désastreux du Motu proprio qui fonctionne comme un piège, amenant beaucoup de clercs à sacrifier l'essentiel, la foi, pour un gain accessoire, le rite de Saint Pie V, comment donc le successeur de Mgr Lefebvre peut-il avec une telle légèreté, se précipiter dans la demande d'un « second préalable », de surcroît, sans apporter les moindres garanties convaincantes, comme si la chose allait de soi, alors même qu'il expérimente le piège du processus des discussions avec Rome dans lesquelles il a engagé très légèrement la FSSPX.

Mgr Fellay donne l'image du comportement d'un apprenti sorcier qui après avoir provoqué l'explosion d'une bombe qui a donné lieu à un premier incendie, continue sans remords ni interrogation a amorcer une deuxième bombe, sans même s'interroger sur le deuxième incendie dont elle sera la cause.

Un double langage de Mgr Fellay qui réitère celui de son invitation à Flavigny pour le 4 décembre 2007

Ce double langage du Supérieur de la FSSPX à la veille de la réunion capitale des 4 évêques le 5 mai 2008, doit être rapproché d’un précédent retentissant. Le 3 novembre 2007 Mgr Fellay avait envoyé un fax d’invitation[4] aux communautés amies de la FSSPX pour une réunion à Flavigny le 4 décembre 2007. Il justifiait son invitation par la nécessité de renforcer un front commun pour faire face aux turbulences causées par le Motu proprio :

« + Menzingen, le 3 novembre 2007

Révérend Père,

Monsieur l’abbé,

Révérende Mère,

(…)

Il va sans dire que si ce motu proprio est une vraie victoire pour la Tradition dans la guerre qui fait rage au sein de l'Eglise, il ne met pas un terme à cette guerre, mais il pose un premier jalon pour le retour de l'Eglise à sa Tradition. Dans les mois à venir, je m'attends à une radicalisation du combat et à une confusion qui va aller en grandissant, il est donc d'une grande importance que nous resserrions les liens entre nos familles religieuses et que nous fassions front commun dans cette lutte pour le bien de L'Eglise et le salut des âmes.

C'est à cet effet que je serais très heureux de vous réunir tous au Séminaire Saint-
Curé-d'Ars à Flavigny le 4 décembre prochain, à 9h30. »
Mgr Fellay, le 3 novembre 2007

«Une radicalisation du combat et une confusion qui va aller en grandissant » disait Mgr Fellay qui considérait  d’ « une grande importance » de faire un « front commun ».

Or que s’est-il passé, trois mois après Flavigny ? Les Rédemptoristes du Père Sim sont au bord de la scission et le Père Sim multiplie les déclarations proclamant sa volonté de se rallier à la Rome apostate. Est-ce là le « front commun » que Mgr Fellay appelait de ses vœux ? Quant à la communauté de Mérigny… le processus va-t-il prochainement s’engager ?

Cet échec cinglant rejaillit entièrement sur Mgr Fellay qui, en tant que successeur de Mgr Lefebvre, en porte la responsabilité.

En effet, qu’a-t-il fait à Flavigny ? A-t-il confirmé les communautés amies dans la Foi en les mettant en garde contre la « confusion qui va aller en grandissant » ? A-t-il tenu des propos doctrinaux fermes sur l’essentiel, le combat de la Foi, pour « faire front commun » autour de la doctrine catholique face aux modernistes ? (sans parler du combat pour la sauvegarde du Sacerdoce)

Absolument pas, à Flavigny, il a passé sa journée à tenir des propos de politicien ecclésiastique en chantant les louanges du « bon Ratzinger » qu’il a qualifié de « pape Providentiel » et il a désigné le très retors Castrillon Hoyos comme un « ami très précieux » qui aurait désormais « mauvaise conscience » en célébrant le Novus Ordo Missae, que celui-ci vient publiquement de déclarer être son rite préféré.

Mgr Fellay récolte ce qu’il a semé. Il a semé l’esprit de compromis, de politique ecclésiastique et il récolte la division, l’éclatement du front, la confusion grandissante et la perte de la Foi. Mgr Fellay ne parle plus de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de son règne, c’est le grand absent de son interview à Fideliter pour les vingt ans de l’anniversaire des sacres : pas un mot sur Notre-Seigneur Jésus-Christ ! Pas un mot sur le Sacerdoce sacrificiel catholique ! Pas un mot sur le Sacerdoce tout court ! Rien qu’un langage de politicien.

Entre le contenu de son invitation à Flavigny et le discours qu’il a tenu à Flavigny, nous constatons le même double langage, qui est assorti de la sanction divine pour ceux qui se détournent de Notre Seigneur Jésus-Christ : la division, la confusion et la perte de la Foi.

Mgr Fellay est celui qui par son comportement, et dans la responsabilité qu’il exerce, a précipité les Rédemptoristes dans les bras des apostats du Vatican.

Contradiction naïve ou tromperie : une méthode systématique de communication de Mgr Fellay avec les clercs et les fidèles de la Tradition ? 

Il poursuit benoîtement en affirmant dans la Lettre aux amis et bienfaiteurs d'avril 2008 :

« cela ne nous empêche pas de continuer d'espérer, de continuer le chemin défini dès l'an 2000. »

Et dans le même temps, il vient parler d'« imprudence », de « précipitation » dont il faudrait se garder. Mais qu'est-il en train de faire, si ce n'est justement d'être imprudent, de se précipiter, c'est exactement l'opposé de l'attitude de Mgr Lefebvre, son consécrateur, dont le même numéro de Fideliter de mai-juin 2008 donne la citation :

« si je vis encore un peu et en supposant que d'ici à un certain temps Rome fasse un appel (...) À ce moment là c'est moi qui poserai des conditions. Je poserai la question au plan doctrinal : est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédé ... ? il ne suffit pas qu'on me dise : vous pouvez dire la messe ancienne, mais il faut accepter cela. Non, ce n'est pas cela qui nous oppose, c'est la doctrine. » (Page 33)

Contradiction de Mgr Fellay également, car il vient de reconnaître que la situation est bien pire qu'en 1988, et déclare :

« si nous considérons le contexte dans lequel Mgr Lefebvre disait ses paroles « nous ne voulons pas le suivre dans cet esprit de démolition de l'église », il n'y a pas à changer quoi que ce soit en ce qui n'est dit. »

Mais ensuite, de manière totalement contradictoire et sans apporter la moindre justification, Mgr Fellay ajoute :

« si par contre, nous considérons le bien supplémentaire qui pourrait être faite l'église par le retrait du décret d'excommunication, l'on peut désirer ce retrait. »

Mgr Fellay voudrait-il insinuer que Mgr Lefebvre n'a pas considéré un bien supplémentaire qui pourrait être fait à l'Eglise ?

Mgr Fellay se croirait plus respectueux du bien des âmes et de l'Eglise que ne le fut Mgr Lefebvre ?

À quel titre ?

Sur la base de quel apostolat ?

De quels résultats concrets obtenus dans la conversion des âmes ? Dans leur salut ?

Plus respectueux du bien des âmes ? Alors que l’évêque Suisse ne parle plus de Notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il ne parle plus du Sacerdoce catholique, qu’il a inventé l’hérésie du « Sacerdoce probable » et qu’il conçoit sa « fonction épiscopale » (sic) comme une sorte de charge supplémentaire comme le ferait un préfet qui aurait reçu une mission complémentaire dans son activité habituelle.

Et en quoi consisterait donc ce 'bien supplémentaire' qu'il ne décrit pas ?

Alors même que cette action amorcée depuis 2000 ne cesse d’accumuler les maux supplémentaires et isole de plus en plus la FSSPX au milieu d’un champ de ruines, tout en attisant sa propre dialectisation et sa propre division ?

Véritablement, alors même que les forces de l'ennemi ne cessent de poursuivre leur programme de démolition, et que le Motu proprio est un échec car il contribue à la perte de la foi, comme vient de l'expliquer Mgr Fellay lui-même, nous pouvons considérer que ce « bien supplémentaire » est un leurre, une illusion, une tromperie et rien d'autre.

Et que Mgr Fellay s'apprête à déclencher une deuxième catastrophe, à mettre en péril encore davantage la FSSPX, le salut des âmes et la conservation de la foi, prêt à mettre la foi en péril pour tenter d’obtenir les appâts du piège

Le double langage, la contradiction étant le signe du faux ou du Malin, celui qui accepte indéfiniment d’être ainsi trompé contre toute évidence ne finit-il pas par se rendre complice du désastre annoncé ?

Où pire encore, cette volonté de tromper qui ressort avec une lumineuse évidence de l’analyse de ses déclarations serait-elle imputable à Mgr Fellay qui se comporterait vis-à-vis des fidèles, des religieuses, des prêtres et de ses confrères dans l’épiscopat comme un Machiavel d’une préméditation toute diabolique, digne des ennemis de l’Eglise qui la démolissent depuis plus de quarante ans ?

A force de les fréquenter depuis l’année 2000, les pratiques et la mentalité de ces autorités conciliaires déteindraient-elle sur le successeur de Mgr Lefebvre ?

Que vaudraient alors ses appels très suspects à une piété mariale sans égale face à ce qui serait une volonté de tromper et une perversion, un piège tendu aux humbles ?

Dieu seul sonde les cœurs et les reins.

Quoiqu’il en soit l’obstination destructrice de Mgr Fellay ira-t-elle jusqu’à devoir provoquer une refondation de la FSSPX ?

 « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Malin » : parole de Notre Seigneur Jésus-Christ rapportée par les Evangiles synoptiques. Et la Sainte Ecriture ajoute même de la part de Dieu : « Je hais la langue à double sens ».

Notre Seigneur Jésus-Christ n’a pas pratiqué le double langage.

Continuons le bon combat

La Rédaction de Virgo-Maria

© 2008 virgo-maria.org

ANNEXE 1

Interview de Mgr Fellay dans Fideliter n°183 – Mai-juin 2008

A l'occasion de l'anniversaire des sacres du 30 juin 1988, Fideliter a interrogé Mgr Bernard Fellay, l'un des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre et actuel supérieur de la Fraternité Saint-Pie X. Mgr Fellay évoque les souvenirs qu'il garde de ce jour-là, le chemin de la Fraternité depuis lors, et fait le point sur la situation, 20 ans plus tard.

OPÉRATION SURVIE DE LA TRADITION - ENTRETIEN AVEC MGR FELLAY

Monseigneur, du 30 juin 1988, gardez-vous un souvenir précis?

Je conserve de multiples souvenirs, comme si c'était hier. Mais j'aimerais rappeler l'atmosphère extraordinaire de la journée et de la cérémonie. Nous étions comme électrisés dans l'attente de la réalisation d'une chose bien rarement vue dans l'Église et ce fut une explosion de joie, lorsqu'elle fut accomplie.

Un autre point, ce fut l'étonnante fraîcheur de Mgr Lefebvre. Après cette longue cérémonie, il était plein d'éner­gie, alors que la veille, dans une cérémonie plus courte, il donnait une impression de fatigue, ployant sous le poids des années et de sa charge. Le contraste était saisissant.

Pour quelle raison, à tout prendre, Mgr Lefebvre a-t-il effectué ces sacres, malgré les pressions en sens contraire?

Lors du sermon des sacres, il a lui-même pris le soin d'ex­pliquer ce qu'il était en train de faire, « l'opération survie de la Tradition ». S'il avait continué dans la ligne d'un accord, cela aurait été « l'opération sui­cide ». Paroles fortes qui disent bien ce qu'elles disent. Il s'agis­sait de prendre les mesures né­cessaires au maintien de la vie catholique dans l'Église, et pas simplement de faire survivre une œuvre personnelle.

Si Monseigneur n'avait pas sacré, la Fraternité n'aurait pas obtenu d'évêques pour les ordinations, comme certaines communautés en obtiennent à présent?

J'en doute. Peut-être qu'ici ou là, on aurait trouvé un évê-que bienveillant, mais cela aurait difficilement pu répon­dre à tous les besoins, du côté des ordinations et du côté des fidèles. D'autre part, on peut remarquer que souvent, si des communautés Ecclesia Dei se sont développées, c'est parce que les évêques ont essayé de les utiliser comme instruments contre la Fraternité. Nous ne sommes pas dans une situation de paix et, encore aujourd'hui, nous voyons comment les évê­ques traitent ces communau­tés. Sans nous, elles n'existe­raient peut-être plus...

Les vingt ans qui s'achè­vent nous amènent à juger les sacres comme bénéfiques à la Tradition et à l'Église?

Nous n'avons absolument aucun doute pour répondre par l'affirmative. Nombreux sont aujourd'hui les prêtres et même les évêques qui nous invitent à continuer sur cette voie et vont même jusqu'à dire que nous sommes leur seul espoir, paroles qu'il faut bien peser. Notre œuvre se dé­veloppe un peu partout, nous avons gagné en influence. Malgré des défections et les opérations de « saucissonna-ge » de la part de Rome et des évêques, la Tradition se porte bien, à tel point que même à Rome, on reconnaît que les fruits sont bons et donc que le Saint-Esprit est à l'œuvre.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et les communau­tés amies progressent-elles? Et faut-il en juger d'abord par les quantités ou d'après d'autres facteurs?

Depuis longtemps, nous ne cherchons plus à « ga­gner du terrain ». Nous nous contentons de cultiver les âmes qui viennent à nous, nous fondant sur le principe de la juridiction de suppléan­ce. C'est un peu comme fit le bon Samaritain qui trouva sur son chemin un homme blessé dont les blessures appelaient son ministère. De plus, nous sommes encore un nombre de prêtres relativement fai­ble, nous avons beaucoup de peine à répondre à l'appel de tant de fidèles. Il est impossi­ble d'en faire davantage, bien qu'aujourd'hui, nous ayons doublé nos effectifs et soyons présents dans 65 pays. Mais c'est vrai, les chiffres ne disent pas tout. La valeur, la qualité de vie catholique, du témoi­gnage des familles, de l'édu­cation, de la fermeté de la foi, voilà des éléments qui ont un poids bien plus important dans la balance des valeurs que le simple nombre.

Personnellement, vous déplacez-vous souvent?

Jusqu'ici, je me suis dépla­cé assez souvent, probable­ment trop, vu le cumul de la charge épiscopale et de celle de supérieur général. Cette fonction demanderait plus de présence à Menzingen et c'est ce que je vais m'efforcer de faire, pour répondre aussi à la demande du Chapitre gé­néral. Cela ne veut pas dire plus de voyages du tout, mais une diminution. J'exercerai les fonctions episcopales -ordinations, confirmation — de façon plus espacée, afin de pouvoir m'adonner da­vantage à ma charge de su­périeur. Mais rassurez-vous, le poids de toutes ces fonctions episcopales n'est pas encore insurmontable pour mes trois confrères dans l'épiscopat.

Saint Paul décrit l'épis­copat comme une « bonne fonction ». Peut-on vous de­mander si c'est votre avis?

Tout dépend de la maniè­re dont on regarde le « bon », la bonté de cette fonction. Devant Dieu, la grandeur de la grâce, la tâche d'apporter aux âmes la bonne nouvelle et la grâce qui sauve, c'est merveilleux, n'est-ce pas? Évidemment, il y a d'autres aspects, un peu comme le re­vers d'une médaille.

Quel est le souvenir le plus marquant que vous gar­dez depuis votre entrée au séminaire?

Je choisirai une messe célébrée dans un village de pêcheurs au Sri Lanka. Les habitants y vivaient dans une extrême pauvreté. La famille la plus riche du village, la seule qui possédait une mai­son de briques, l'avait mise à notre disposition pour la cé­lébration de la sainte messe. La « maison » comportait en fait une unique pièce.

Pour revenir aux sacres, quel est l'événement le plus important de ces 20 années?

Dans l'Église, il me sem­ble que c'est le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, très probable­ment, même s'il n'a pas enco­re produit les effets attendus.

Si nous considérons les princi­pes en jeu, nous pouvons dire que dans l'ancienne messe est l'antidote à la crise de l'Église et il se peut bien que ce Motu Proprio marque un tournant décisif dans l'histoire de cette crise, l'avenir nous le dira.

Depuis ce Motu Proprio, certains s'enthousiasment à l'excès : Rome revient d'elle-même à la messe, il n'y avait donc aucun besoin de sacrer des évêques en 1988... Qu'en dites-vous, Monseigneur?

Un prélat me disait à Rome, « ce Motu Proprio n'aurait pas été possible sans la Fra­ternité ». On pourrait ajouter « sans les sacres ». Il est impos­sible de considérer la situa­tion de l'Église, aujourd'hui, comme une situation paisible. Il y a une partie de l'Église, qu'on pourrait qualifier de traditionnelle, ou au moins conservatrice, c'est-à-dire qui entend rester fidèle à la foi de toujours, qui voudrait revenir à la discipline et à la liturgie traditionnelle. Or cette partie fort minoritaire subit des pres­sions, assez souvent jusqu'à la persécution, en raison de son attachement à la Tradition. Il est donc impossible de consi­dérer la situation actuelle de l'Église comme pacifique. C'est un rapport de forces qui n'est pas qu'une dispute théorique. Les conséquences sont prati­ques. Même depuis le Motu Proprio, des centaines de prê­tres tremblent à la pensée de célébrer cette messe, tant les pressions qu'ils subissent sont violentes.

Certains prêtres et fidèles sont tentés, depuis l'élection de Benoît XVI, de quitter la Fraternité ou de soustraire à son influence directe pour se ranger à l'officialité.

Depuis le début de cette crise, il n'y a pas eu, en ef­fet, de temps plus propice à cette forme de tentation qui en soi est fort dangereuse : celui qui ne voit en la crise de l'Église qu'un problème liturgique peut s'illusionner et penser que la volonté claire du pape Benoît XVI de restaurer la messe tridentine dans l'Église met un terme à la crise, et donc qu'il est temps de se ranger, à ce que vous appelez, l'officialité.

Il est certain que le Motu Proprio est un pas important dans la restauration de la Tra­dition et donc qu'il ne peut être ni ignoré, ni négligé. Cependant, si nous considé­rons l'ensemble de la crise, la liturgie ne représente que la pointe de l'iceberg. En effet, les problèmes doctrinaux, qui ont présidé à la création de la nouvelle messe, sont bien plus importants et plus graves que la question litur­gique... Mais pour l'heure, on ne note aucune véritable évolution du point de vue doctrinal, bien au contraire.

Affirmer, donc, qu'à partir de la promulgation du Motu Proprio, il n'y a plus de crise, c'est une gageure. On ouvre la porte à des conclusions fausses et extrêmement dan­gereuses, car l'on peut être tenté d'abandonner, au nom du Motu Proprio, le combat de foi dans cette guerre qui fait toujours rage.

Mgr Lefebvre disait, le 10 juillet 1988 : « Pourquoi nous excommunient-ils? Parce que nous voulons rester ca­tholiques, parce que nous ne voulons pas les suivre dans cet esprit de démolition de l'Église (...) Très bien : merci. Nous préférons être excom­muniés. » Peut-on dire autre­ment aujourd'hui?

Je distinguerais. Si nous considérons le contexte dans lequel Mgr Lefebvre disait ces paroles « nous ne voulons pas les suivre dans cet esprit de démolition de l'Église », il n'y a pas à changer quoi que ce soit dans ce qu'il a dit. Si par contre, nous considérons le bien supplémentaire qui pour­rait être fait à toute l'Église par le retrait du décret d'ex­communication, alors on peut désirer ce retrait. Ce serait un signe que Rome reconnaît la Tradition, qu'elle l'accepte à part entière dans l'Église. Mal­heureusement, jusqu'ici, nous doutons que Rome soit prête à remettre la Tradition à la place qui lui revient.

On murmure que vous annoncez une date pour le retrait, par Benoît XVI, des sanctions de Jean-Paul II. Ce retrait ne signifierait-il pas la validité des sanctions?

Je n'ai jamais donné de date pour le retrait des ex­communications. J'ai simple­ment pu constater qu'à Rome, on n'avait plus d'argument sérieux pour maintenir cette excommunication et que, par conséquent, les seuls éléments qui restent encore sont des éléments politiques et socio­logiques, tels que l'opposition des évêques, qui est de même nature que leur opposition au Motu Proprio. Ceci me fait dire que Rome pourrait retirer ces excommunications, ou le dé­cret de ces excommunications, n'importe quand, demain ou dans dix ans, je n'en sais rien.

Nous avons toujours considéré comme injuste l'acte posé par Jean-Paul II le 2 juillet 88 et celui du 1er juillet du cardinal Gantin. Il est donc tout à fait normal que justice soit rendue par le retrait de ce décret.

Dans le sermon donné pendant les sacres, Mgr Lefe­bvre a dit : « Nous ne pou­vons pas, malgré le vif désir que nous avons d'être en pleine union avec vous, ac­cepter cet esprit qui règne maintenant à Rome et que vous voulez nous communi­quer. » Cet esprit règne-t-il toujours, et Rome veut-elle nous le communiquer?

Oui, je suis persuadé que cet esprit, que nous appe­lons l'esprit conciliaire, règne encore en maître à Rome. Et je suis tout autant persuadé qu'on veut nous forcer à l'ac­cepter. C'est précisément cela qui nous empêche d'accepter des accords pratiques. Il faut d'abord clarifier les questions que provoque cet esprit, ques­tions tant doctrinales que disciplinaires. Certes, la dé­claration selon laquelle tout prêtre a le droit de célébrer l'ancienne messe a ouvert une brèche dans le monolithe progressiste, mais cependant, cela n'est pas encore suffisant pour nous conduire à penser que la situation de 1988 aurait fondamentalement changé.

Pour conclure, Monsei­gneur, que diriez-vous, d'un mot, sur cette « opération survie de la Tradition »?

Dieu merci, oui merci au bon Dieu d'avoir inspiré Mgr Lefebvre, de nous l'avoir donné! Où serions-nous, s'il n'avait pas fait cet acte héroï­que en 1988? Nous sommes certains qu'un jour l'Église reconnaîtra ses mérites.

Un conseil aux fidèles?

Celui de la fidélité et de la persévérance : garder la foi, « car tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde; et ce qui remporte la victoire sur le monde, c'est notre foi. » (I Jn S, 4)

ANNEXE 2

Mgr Fellay – Editorial de la Lettre aux amis et bienfaiteurs de la FSSPX (14 avril 2008)

http://www.dici.org/actualite_read.php?id=1682

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Le Motu Proprio Summorum Pontificum qui a reconnu que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée pose un certain nombre de questions en ce qui concerne le futur des relations de la Fraternité Saint-Pie X avec Rome. Plusieurs personnes, dans les milieux conservateurs et à Rome même, ont fait entendre leurs voix arguant que, le Souverain Pontife ayant posé un acte d’une si grande générosité, et donné par là même un signe évident de bonne volonté à notre égard, il ne resterait à notre Société qu’une seule chose à faire : « signer un accord avec Rome ». Malheureusement quelques-uns de nos amis se sont laissés prendre à ce jeu d’illusions.

Nous voudrions saisir l’occasion de cette lettre du temps pascal pour rappeler une fois de plus les principes qui gouvernent notre action en ces temps troublés et signaler quelques événements récents qui indiquent bien clairement que, au fond, à part l’ouverture liturgique du Motu Proprio, rien n’a vraiment changé, afin de tirer les conclusions qui s’imposent.

Le principe fondamental qui dicte notre action est la conservation de la foi, sans laquelle nul ne peut être sauvé, nul ne peut recevoir la grâce, nul ne peut être agréable à Dieu, comme le dit le Concile Vatican I. La question liturgique n’est pas première, elle ne le devient que comme expression d’une altération de la foi et corrélativement du culte dû à Dieu.

Il y a un changement notable d’orientation dans le Concile Vatican II par rapport à la vision de l’Eglise, surtout par rapport au monde, aux autres religions, aux Etats, mais aussi par rapport à elle-même. Ces changements sont reconnus par tous, mais ne sont pas évalués de la même manière par tous. Jusqu’ici, ils étaient présentés comme très profonds, révolutionnaires : « la Révolution de 89 dans l’Eglise » a pu dire un des cardinaux du Concile.

Benoît XVI encore cardinal présentait la question ainsi : « Le problème des années soixante était d’acquérir les meilleures valeurs exprimées de deux siècles de culture “libérale”. Ce sont en fait des valeurs qui, même si elles sont nées en dehors de l’Eglise, peuvent trouver leur place – épurées et corrigées – dans sa vision du monde. C’est ce qui a été fait [1] ». Et au nom de cette assimilation, une nouvelle vision du monde et de ses composants a été imposée : une vision fondamentalement positive, qui a dicté non seulement un nouveau rite liturgique, mais aussi un nouveau mode de présence de l’Eglise dans le monde, beaucoup plus horizontal, plus présente aux problèmes humains et terrestres que surnaturels et éternels…

En même temps, la relation aux autres religions se transformait : depuis Vatican II, Rome évite tout jugement négatif ou dépréciateur de ces autres religions. Par exemple, la dénomination classique de « fausses religions » a complètement disparu du vocabulaire ecclésiastique. Les termes « hérétiques » et « schismatiques », qui qualifiaient les religions plus proches de la religion catholique, ont eux aussi disparu ; ils sont éventuellement utilisés, surtout celui de schismatique, pour nous désigner. Ainsi en est-il du terme « excommunication ». La nouvelle approche se nomme œcuménisme, et contrairement à ce que tous croyaient, ce n’est pas d’un retour à l’unité catholique qu’il s’agit, mais de l’établissement d’une nouvelle sorte d’unité qui ne requiert plus de conversion.

Envers les confessions chrétiennes s’est établie une nouvelle perspective, et cela est encore plus clair avec les orthodoxes : dans l’accord de Balamand, l’Eglise catholique s’engage officiellement à ne pas convertir les orthodoxes et à collaborer avec eux. Le dogme « hors de l’Eglise pas de salut » rappelé dans le document Dominus Jesus a connu une réinterprétation nécessaire à la nouvelle vision des choses : on n’a pu maintenir ce dogme sans élargir les limites de l’Eglise, ce qui a été réalisé par la nouvelle définition de l’Eglise donnée dans Lumen Gentium. L’Eglise du Christ n’est plus l’Eglise catholique, elle subsiste en elle. On a beau dire qu’elle ne subsiste qu’en elle, il reste que l’on prétend à une action du Saint Esprit et de cette « Eglise du Christ » hors de l’Eglise catholique. Les autres religions ne sont pas privées d’éléments de salut… Les « églises orthodoxes » deviennent d’authentiques églises particulières dans lesquelles s’édifie « l’Eglise du Christ. »

Ces nouvelles perspectives ont évidemment bouleversé les rapports avec les autres religions. Il est impossible de parler d’un changement superficiel, c’est bien une nouvelle et très profonde mutation que l’on prétend imposer à l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce qui fait que Jean-Paul II a pu parler de « nouvelle ecclésiologie », admettant un changement essentiel dans cette partie de la théologie qui traite de l’Eglise. Nous ne comprenons tout simplement pas comment l’on peut prétendre que cette nouvelle compréhension de l’Eglise serait encore en harmonie avec la définition traditionnelle de l’Eglise. Elle est nouvelle, elle est radicalement autre et elle oblige le catholique à avoir un comportement foncièrement différent avec les hérétiques et schismatiques qui ont tragiquement abandonné l’Eglise et bafoué la foi de leur baptême. Ils ne sont désormais plus des « frères séparés », mais des frères qui « ne sont pas en pleine communion »… et nous sont « profondément unis » par le baptême dans le Christ, d’une union inamissible… La dernière mise au point de la Congrégation de la Doctrine de la Foi sur le mot subsistit est à ce propos très éclairante. Tout en affirmant que l’Eglise ne peut pas enseigner de nouveauté, elle confirme la nouveauté introduite au Concile…

De même pour l’évangélisation : le devoir sacré de tout chrétien de répondre à l’appel de Notre Seigneur Jésus-Christ est d’abord affirmé, « Allez par tout le monde, et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. [2] » Mais il est ensuite allégué que cette évangélisation ne concerne que les païens, et ainsi, ni les chrétiens, ni les juifs ne sont concernés… Tout récemment les cardinaux Kasper et Bertone, au sujet de la controverse sur la nouvelle prière pour les Juifs, ont affirmé que l’Eglise ne les convertirait pas.

Ajoutons à cela les positions papales au sujet de la liberté religieuse et nous pouvons aisément conclure que le combat de la foi n’a en rien diminué ces dernières années. Le Motu Proprio qui introduit une espérance de changement vers le mieux au niveau liturgique, n’est pas accompagné par des mesures logiquement corrélatives dans les autres domaines de la vie de l’Eglise. Tous les changements introduits au Concile et dans les réformes post-conciliaires que nous dénonçons, parce que l’Eglise les a précisément déjà condamnés, sont confirmés. Avec la différence que désormais, on affirme en même temps que l’Eglise ne change pas… ce qui revient à dire que ces changements seraient parfaitement dans la ligne de la Tradition catholique. Le bouleversement au niveau des termes joint au rappel que l’Eglise doit rester fidèle à sa Tradition peuvent en troubler plus d’un. Tant que les faits ne corroborent pas l’affirmation nouvelle, il faut conclure que rien n’a changé dans la volonté de Rome de poursuivre les orientations conciliaires, malgré quarante années de crise, malgré les couvents dépeuplés, les presbytères abandonnés, les églises vides. Les universités catholiques persistent dans leurs divagations, l’enseignement du catéchisme reste une inconnue alors que l’école catholique n’existe plus comme spécifiquement catholique : c’est devenu une espèce éteinte…

Voici pourquoi la Fraternité Saint-Pie X ne peut pas « signer d’accord ». Elle se réjouit franchement de la volonté papale de réintroduire le rite ancien et vénérable de la sainte Messe, mais découvre aussi la résistance parfois farouche d’épiscopats entiers. Sans désespérer, sans impatience, nous constatons que le temps d’un accord n’est pas encore venu. Cela ne nous empêche pas de continuer d’espérer, de continuer le chemin défini dès l’an 2000. Nous continuons de demander au Saint-Père l’annulation du décret d’excommunication de 1988, car nous sommes persuadés que cela ferait le plus grand bien à l’Eglise et nous vous encourageons à prier pour que cela se réalise. Mais il serait très imprudent et précipité de se lancer inconsidérément dans la poursuite d’un accord pratique qui ne serait pas fondé sur les principes fondamentaux de l’Eglise, tout spécialement sur la foi.

La nouvelle croisade du Rosaire à laquelle nous vous appelons, pour que l’Eglise retrouve et reprenne sa Tradition bimillénaire, appelle aussi quelques précisions. Voici comment nous la concevons : que chacun s’engage à réciter un chapelet à une heure assez régulière du jour. Vu le nombre de nos fidèles et leur répartition dans le monde entier, nous pouvons être assurés que toutes les heures du jour et de la nuit auront leurs voix vigilantes et orantes, de ces voix qui veulent le triomphe de leur Mère céleste, l’avènement du Règne de Notre Seigneur, « sur la terre comme au ciel ».

+ Bernard Fellay

Menzingen, le 14 avril 2008

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[1] Mgr Fellay semble découvrir huit mois plus tard le piège que l’abbé Méramo avait dénoncé dès août 2007.

[2] Mais que fait Mgr Fellay pour arrêter le ralliement des Rédemptoristes transalpins du Père Sim ? Visiblement rien. C’est un deuxième Campos qui se prépare.

[3] http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-11-05-A-00-Abbe_Lorans_TF1_St_Nicolas.pdf

[4] http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-10-A-00-Fax_Mgr_Fellay.pdf