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D. Contradiction entre Vatican II et la doctrine catholique


    Les mauvais livres furent combattus depuis toujours, la liberté de presse abhorré depuis toujours. Saint Paul lui-même poussa les chrétiens convertis à brûler publiquement leurs livres de sorcel­lerie (Actes des apôtres XIX, 19).

    Au palais des papes d’Avignon est affiché un décret pontifical du temps de Benoît XIV: les imprimeurs coupables d’imprimer des écrits des hérétiques protestants devaient subir pas moins que LA PEINE DE MORT!!

    « Il faut lutter avec courage, autant que la chose elle-même le demande, et exterminer de toutes ses forces le fléau de tant de livres funestes; jamais on ne fera disparaître la matière de l’erreur, si les criminels éléments de la corruption ne périssent consumés par les flammes » (Clément XIII: encyclique Christianae reipublicae salus, 25 novembre 1766)

    « Cette licence de penser, de dire, d’écrire et même de faire imprimer impunément [...] tout ce que peut suggérer l’imagination la plus déréglée » est « un droit monstrueux » (Pie VI: bref Quod aliquantum, 10 mars 1791).

    La liberté de presse est une « liberté exécrable pour la­quelle on n’aura jamais assez d’horreur » (Grégoire XVI: encyclique Mirari vos, 15 août 1830).

    La condamnation de la liberté de presse fait partie du magistère pontifical ordinaire. Or cet enseignement est infaillible, d’après saint Pie X (serment antimoderniste): « Je, N., embrasse et re­çois fermement toutes et chacune des vérités que l’Église, par son magistère infaillible, a définies, affirmées et déclarées, principale­ment ces chefs de doctrine qui sont directement dirigées contre les erreurs de ce temps ».

    Or Vatican II se révolte contre cet enseignement infail­lible, en affirmant: « Les groupes religieux ont aussi le droit de ne pas être empêchés d’enseigner et de manifester leur foi publique­ment, de vive voix et par écrit » (Dignitatis humanae, § 4). Les shintoïstes, les caïnites (secte dont les disciples s’efforcent de faire toutes sortes de péchés, afin d’imiter Caïn), les supra-lapsaires (groupuscule protestant), les gomariens (idem), les lucifériens (jadis disciples de Lucifer de Cagliari, combattus par saint Jérôme; au­jourd’hui adeptes du culte de Lucifer), les adorateurs de l’oignon (ça existe en France à l’heure actuelle) et les adeptes de toutes les autres sectes bizarres - oh pardon! il eût fallu dire « groupes religieux » ­sont donc autorisés à répandre leurs délires par voie de presse.

    D’où un problème d’autorité: la liberté de presse fut condamnée par le magistère pontifical ordinaire « infaillible » (Saint Pie X). Mais la même liberté de presse fut approuvée par Vatican II comme découlant de la « Révélation divine » (terme engageant l’infaillibilité de Vatican II).

* * * 

    De même, la liberté des cultes, qualifiée de « désastreuse et à jamais déplorable hérésie » par Pie VII (lettre apostolique Post tam diuturnas, 29 avril 1814), fut présentée comme une vérité de foi par Vatican II.

    L’un des rédacteurs de Dignitatis humanae, le Père Congar, écrivit que d’après ce texte, la liberté religieuse était conte­nue dans la Révélation. Or il avoua lui-même qu’une telle affirma­tion était mensonge. « À la demande du pape, j’ai collaboré aux der­niers paragraphes de la déclaration sur la liberté religieuse: il s’agissait de montrer que le thème de la liberté religieuse appa­raissait déjà dans l’Écriture, or il n’y est pas » (in: Éric Vatré: A la droite du Père, Paris 1994, p. 118). Quel aveu! Déclarer qu’une doctrine est révélée, alors que l’on sait pertinemment que cela est faux! Les évêques du conciliabule qui ont approuvé ce texte - dont Montini - sont des imposteurs!

    La liberté religieuse est même contraire à la Révélation. Quand les juifs rendaient un culte au veau d’or, Moïse les a-t-il fé­licités? II ne les a pas encouragés à « manifester librement l’efficacité singulière de leur doctrine pour organiser la société et vivifier toute l’activité humaine » (Dignitatis humanae, § 4). L’inexistence du droit à la liberté religieuse est une vérité révélée. Dieu, par exemple, ordonna à Gédéon de renverser l’autel dressé à Baal par son propre père (Juges VI, 25). Le prophète Élie ÉGORGEA de ses propres mains les prêtres de Baal (3. Rois XVIII, 40). Or Élie est le plus grand des prophètes, puisqu’il fut spécialement honoré par NSJC lors de la Transfiguration (donc le Christ est contre la liberté re­ligieuse). Le successeur d’Élie, Elisée sacra Jéhu. Le roi Jéhu fit massacrer tous les fidèles de Baal, démolit l’autel et « ils démolirent aussi le temple de Baal et en firent un cloaque, ce qu’il est resté jusqu’à maintenant » (4. Rois X, 27). Ce cloaque à côté de Jérusalem s’appelle la Géhenne...

    « La liberté religieuse demande, en outre, que les grou­pes religieux ne soient pas empêchés de manifester librement l’efficacité singulière de leur doctrine pour organiser la société et vivifier toute l’activité humaine » (Dignitatis humanae, § 4). Or le Christ a dit: « Je suis la voie, la vérité, la vie » (Jean XIV, 6). Il n’a pas dit que d’autres religions que la sienne apportaient la vie. D’autre part, le Christ a dit: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean XV, 5). Il n’a pas dit que l’on pouvait faire quelque chose (organiser avec « efficacité » la société) grâce à Bouddha ou Maho­met. Le Christ a dit: « Celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc XVI, 16). Il n’a donc pas donné l’autorisation d’honorer l’Être su­prême (terme cher aux francs-maçons) selon un culte X. Si Vatican II prétend que les bouddhistes, musulmans, protestants, animistes etc. ont le droit d’ « honorer d’un culte public la divinité suprême » (Dignitatis humanae, § 4; l’expression « divinité suprême » figure aussi dans Nostra aetate), cela prouve que les prélats ont adopté l’idéologie et le langage des loges maçonniques, tout comme Woj­tyla à Assise, demandant à ses invités de prier simplement « une puissance suprême », « l’Être absolu », « une puissance au-dessus de toutes nos forces humaines », « cette réalité qui est au-delà de nous ».

    « Divinité suprême »? Un commentateur attentif pourrait même souligner que l’adjectif « suprême » implique qu’il existe également des divinités inférieures. Vatican II professerait alors le polythéisme...

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    Passons maintenant au décret sur l’œcuménisme inti­tulé Unitatis redintegratio, approuvé également « dans l’Esprit-Saint » par Montini, le 21 novembre 1964. « Justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur » (§ 3). Passage curieux et inouï: les adeptes des diverses sectes hérétiques ou schis­matiques sont désormais censés avoir la foi?!

    Les « actions sacrées » de ces frères « peuvent certaine­ment produire effectivement la vie de la grâce, et l’on doit recon­naître qu’elles donnent accès à la communion du salut. […] L’Esprit du Christ ne refuse pas de se servir d’elles [des sectes protestantes ou schismatiques] comme de moyens de salut » (ibidem).

    Vatican II oblige à croire comme vérité de foi divine (« on doit reconnaître ») que le protestantisme conduit au salut. L’infaillibilité est engagée clairement.

    Mais Pie IX a enseigné ex cathedra le contraire: « Il est aussi très connu, ce dogme catholique: que personne ne peut se sau­ver hors de l’Église catholique, et que ceux-là ne peuvent obtenir le salut éternel qui sciemment se montrent rebelles à l’autorité et aux définitions de l’Église, ainsi que ceux qui sont volontairement sépa­rés de l’unité de l’Église et du pontife romain, successeur de Pierre, à qui a été confiée par le Sauveur la garde de la vigne » (Pie IX: lettre Quanto conjiciamus, 10 août 1863).

    Et les conciles avant Pie IX vont dans le même sens. Citons seulement un texte peu connu, provenant du concile de Sens, tenu en 1528: « Le luthéranisme est une exhalaison du serpent infer­nal ». Et ce même concile n’était pas vraiment partisan de la liberté religieuse: « Nous conjurons [...] le roi […] de signaler le zèle dont il est rempli pour la religion chrétienne, en éloignant tous les héréti­ques des terres de son obéissance, en exterminant cette peste publi­que, en conservant dans la foi cette monarchie », et nous interdisons « les assemblées secrètes des hérétiques ».


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