Virgo-Maria.org
Gaude, Maria Virgo, cunctas hæreses sola interemisti.
(Tractus Missæ Salve Sancta Parens)
Etude
mercredi 12 septembre 2007
Ce message peut être téléchargé au format PDF sur notre site http://www.virgo-maria.org/.
Malcom Muggeridge, Fabien repenti (?) (et ancien du MI6[1]),
Mentor de Mgr Richard Williamson

Malcolm Muggeridge (1903-1990), ancien de Cambridge, journaliste britannique, satiriste et provocateur, ses liens familiaux Fabiens, ses deux autres fils, soit dans la secte illuministe des Frères de Plymouth[2], soit dans le milieu catholique traditionnel rallié, avec notamment sa belle-fille Anne Roche (et la recension de l’ouvrage de celle-ci par Ratzinger), co-auteur d’un ouvrage avec le « révérend » Anglican de la High Church, Alec Vidler, spécialiste du modernisme et doyen à Cambridge.
L’éloge appuyé et la dette de reconnaissance de Mgr Williamson envers Muggeridge, son jeu subtil en binôme avec l’abbé Schmidberger afin de préparer le ralliement de la FSSPX. Description de la Fabian Society et du rôle des époux Webb, à partir de l’ouvrage du Courrier de Rome (Le côté caché de l’Histoire par Epiphanius).
Avertissement
Cette étude sera publiée à nouveau entièrement en français dans quelques jours. Les documents en anglais de l’annexe ne seront cependant pas traduits.
Qui a enquêté sur Mgr Williamson ? Qui a étudié ?
Sur sa famille et sur sa vie avant sa conversion tardive et son entrée à Ecône ? A notre connaissance personne.
Comment un ancien Anglican, convertit tardivement, a-t-il pu devenir prêtre et même évêque dans l’œuvre de Mgr Lefebvre, ce bastion international de la résistance catholique qui continue encore à préserver le Sacerdoce sacrificiel catholique sacramentellement valide et à dispenser des sacrements catholiques valides ?
Sait-on que ses deux frères sont restés anglicans ?
Et que sa mère est morte anglicane, il y seulement quelques années ?
C’est pourquoi nous publions ici les premiers résultats de notre investigation, et nous invitons les lecteurs qui disposent d’informations à nous les transmettre.
Cette investigation part des éléments des biographies de Mgr Williamson qui toutes soulignent fortement l’influence du célèbre journaliste britannique sur la jeunesse de Richard Williamson et sur son évolution ultérieure. Ces contacts des années 60 se poursuivront et, en 1990, à la mort de Muggeridge, l’évêque britannique la FSSPX prononcera un éloge funèbre très affectueux à celui envers qui il reconnaît une importante dette.
Muggeridge vouait une admiration sans borne à son père, un Fabien, ardent promoteur du socialisme en Angleterre.
Il épousa Catherine Dobbs, une nièce de Béatrice Webb, fondatrice de la Fabian Society avec son époux Sidney.
Ce cercle est au cœur des sociétés mondialistes, travaillant à l’établissement d’un gouvernement mondial selon la forme du socialisme technocratique. Nous allons l’exposer, principalement à partir de l’étude d’Epiphanius, diffusée par la FSSPX. Un des fils de Malcolm Muggeridge adhérera à la secte fondamentaliste apocalyptique des Frères de Plymouth (Darbystes intégristes) qui joue un rôle important dans la propagation d’une fausse eschatologique, celle de l’enlèvement des justes.
Un autre de ses fils, John, s’illustrera comme pourfendeur de l’avortement. Son épouse, Annie Roche, jouera un rôle dans la conversion de son beau-père, Malcolm, à la religion conciliaire en 1982, et elle-même, est l’une des figures de proue du milieu traditionaliste rallié au Canada. Son livre fera l’objet d’une recension élogieuse par Ratzinger en 1988.
Malcolm Muggeridge, comme son père, comme la jeune femme dont il fut amoureux, est très lié à un Anglican de la High Church, le révérend Alec Vidler, doyen du Kings College à Cambridge, théologien, spécialiste du modernisme et qui incitera Malcolm à rejoindre l’Eglise conciliaire en 1982.
Tout un milieu d’influences anglicanes mondialistes, millénaristes et traditionalistes rallié gravite donc autour de celui que continue à vénérer Mgr Williamson.
Tout cela est pour le moins surprenant.
Mgr Lefebvre avait-il conscience de tout cela lorsqu’il choisit l’abbé Richard Williamson pour le sacrer évêque ?
Entrons maintenant dans l’étude.
Depuis décembre 2006, nous avons enquêté et produit beaucoup de faits[3] sur l’ancien anglican (variante méthodiste) Mgr Williamson et son rôle dans le mouvement de ralliement de la FSSPX et la prise de contrôle e celle-ci par l’abbé apostat Ratzinger.
La personnalité de Mgr Williamson suscite des interrogations.
Un « dur » et qui serait le chef naturel du dernier bastion des résistants à tout ralliement à la Rome moderniste voilà l’image officielle, l’image d’Epinal, qui est répandue, tant dans les grands médias de la presse nationale (Le Figaro, Le Monde, etc) qu’au sein de la FSSPX.
L’interview de Mgr Williamson par Stephen Heiner en octobre 2006, reproduit le même poncif.
Mgr Williamson est mis en avant par les dominicains d’Avrillé, par Bonnet de Villers, par Arnaud de Lassus, etc, bref par tous ceux qui passent eux-mêmes, à tort, pour des figures de proue de la véritable résistance catholique à la révolution conciliaire, et dont, il apparaît de plus en plus, depuis au moins deux ans, qu’ils ne sont que des leurres et des pseudo-opposants à la Rome « antichrist » (cf. Mgr Lefebvre) de l’abbé apostat Ratzinger.
Depuis 2 ans, l’explosion de la vérité sur le complot biséculaire contre l’épiscopat catholique que représente le nouveau rite invalide de consécration épiscopale (1968), puis la mise en pleine lumière de toutes les compromissions doctrinales de ces demi opposants, comme de leur composition avec l’erreur, en dénaturant les faits ou en les masquant, a provoqué l’effondrement progressif de leur crédibilité et une perte de confiance croissante à leur égard.
Parallèlement, cet effritement inéluctable et désormais inexorable de l’autorité de ces pseudo opposants a mis de plus en plus en relief l’extravagante indigence des arguments et provocations de Mgr Williamson.
Pour certains, l’évêque britannique aurait multiplié les « bêtises » ou les déclarations provocantes, ce qui l’aurait relégué dans une apparente seconde zone au sein de la FSSPX, mais Mgr Williamson serait néanmoins tout ensemble sympathique, ferme quoique impuissant à contrer la dérive de la FSSPX entre les mains du clan Schmidbgerger-Fellay, le tout pimenté d’un zeste d’excentricité britannique. Bref, il serait l’homme chaleureux, auprès duquel il est bon de se confier, et de venir partager des désillusions, en espérant qu’il relaie la critique auprès de Mgr Fellay, et qu’il réussisse ultimement à infléchir ce dernier.
Et puis, si malgré tout l’irrémédiable devait se produire par la signature fatale de ralliement de Mgr Fellay à l’abbé apostat Ratzinger, l’évêque britannique resterait quand même la bouée de secours, le refuge épiscopal qui abriterait les abbés auxquels leur conscience intimerait de refuser de suivre le mouvement du ralliement à la Rome apostate.
Une telle image d’Epinal est fausse.
Elle ne résiste pas aux faits.
Nous du reste l’avons déjà passablement écornée et démystifiée, et nous entendons bien la ruiner complètement, car elle est faite pour illusionner, pour leur perte, les clercs et les fidèles catholiques.
La réalité est à l’opposé : Mgr Williamson entretient avec l’abbé Schmidberger, son vieil ami de promotion du séminaire (ils sont entrés ensemble à Ecône en 1972), une dialectique subtile et factice au sein de la FSSPX, dialectique dans laquelle les deux compères se sont répartis les rôles, comme pour les deux mâchoires d’une tenaille qui doit emporter la FSSPX :
Le binôme Schmidberger-Williamson incarne donc au sein de la FSSPX, la grande et la petite mâchoire révolutionnaire qu’a décrites Jean Vaquié dans ‘Réflexions sur les ennemis et la manœuvre’.
L’abbé Schmidberger travaille à ce que 80 % de la FSSPX rallie (grande mâchoire), Mgr Williamson travaille à ce que les 20% restant les plus actifs soient neutralisés (petite mâchoire).
C'est-à-dire que Mgr Williamson travaille à ce qu’il ne se trouve plus personne, 0% de la FSSPX, qui puisse mener une réaction et un combat efficace, il est l’homme de la stérilisation totale et définitive du combat, il est l’agent qui travaille sur ce qu’il y a de plus difficile à obtenir : neutraliser l’élite la plus combative pour qu’il n’en reste rien et que l’œuvre de Mgr Lefebvre puisse être totalement liquidée par la Rome antichrist avant d’avoir jamais posé les questions radicales et mortelles qui pourraient mettre en péril l’Eglise conciliaire.
Comme dans l’Ancien Testament, à l’époque des Maccabées et de Gédéon, lorsque Dieu épura l’armée des fidèles afin qu’il ne reste à la fin qu’une élite qui mène le combat final et à qui Dieu puisse manifester sa gloire en lui donnant la victoire, Mgr Williamson est là pour décimer l’armée de Gédéon de la Tradition catholique et assurer que Dieu ne puisse même pas y trouver un petit reste.
Mgr Williamson est l’homme subtil et habile de l’empoisonnement intellectuel et spirituel des derniers combattants.
Menant la partie la plus difficile de l’opération de ralliement de la FSSPX, on peut s’attendre à ce que l’ancien Anglican en soit aussi le mieux récompensé et honoré par la Rome moderniste apostate après son triomphe final sur la FSSPX.
Il est clair qu’au soir de la signature de Mgr Fellay qui remettra le contrôle juridique de la FSSPX à l’abbé apostat Ratzinger, la récompense de la Rome antichrist n’ira pas vers l’ancien économe valaisien, comme, au vu de son comportement, on peut penser qu’il pourrait l’espérer, mais bien au contraire vers celui qui, par ses véritables talents et son art de la dissimulation et de la manipulation, aura su faire tomber la totalité du « noyau dur » des résistants de la FSSPX, nous voulons nommer le diplômé de Cambridge, Mgr Williamson.
Bien entendu, l’abbé Schmidberger recevra lui aussi son bâton de maréchal, ou plutôt sa mitre, son ami Ratzinger saura certainement se montrer généreux et reconnaissant envers son ami et compatriote.
Quant à Mgr Fellay, il verra alors se retourner spectaculairement contre lui le jeu de l’Art royal qu’il avait sous-estimé voire ignoré, sinon brocardé.
En bonne realpolitik, telle que la pratique toujours la Rome moderniste apostate, il serait possible d’imaginer qu’il aille croupir dans quelque confortable placard climatisé, inodore et aseptisé de l’Eglise conciliaire, un faux « apostolat » quelconque, n’ayant plus que ses yeux pour pleurer, accablé par sa conscience et par le regard de Mgr Lefebvre qui jusqu’à sa mort, le poursuivrait, tel un damné, abreuvé des saveurs amères de la trahison qu’il aurait commise avec obstination, condamné à méditer sans fin sur les subtilités de la révolution maçonnique conciliaire à laquelle il aurait livré la FSSPX par la plus folle des imprudences.
Depuis maintenant le mois de décembre 2006, nous avons dénoncé le rôle très suspect que tient Mgr Williamson au sein de la FSSPX.
L’ancien anglican se donne une posture affectant la fermeté, voire la sévérité, surtout sur les questions de morale, ou vis-à-vis des relations avec Rome, et qui voisine avec des discours et des réflexions tout aussi éclectiques qu’originales et provocantes, dans un style littéraire très britannique.
Mais, pour tout lecteur des Cahiers Barruel, qui a su aiguiser son regard pour remonter directement aux principes de la crise actuelle, Mgr Williamson se trahit par ses actes décisifs et toujours discrets sur les questions doctrinales cruciales.
Il est l’homme qui tient une ligne de conduite particulièrement efficace et constante depuis plus de 25 ans, en bloquant avec une extrême vigilance l’analyse doctrinale des questions fondamentales qui emprisonnent et empoisonnent le combat de la FSSPX et des communautés qui s’y rattachent.
Mis devant l’évidence de la stérilité de l’action de Mgr Williamson, ou de ses contradictions, certains observateurs croiront trouver la bonne argumentation disculpante, en présentant l’ancien londonien comme un esprit incohérent, menant un combat médiocre, où s’ils sont plus indulgents, le reléguant dans un rôle d’incapable épiscopal utile qui pourra continuer à ordonner des prêtres en cas de scission et un jour transmettre son épiscopat valide à un véritable chef que le fer de l’épreuve aura forgé et fait émerger dans la bataille ultime.
Mais il n’en est rien, et les prestigieux collèges de Cambridge (classés parmi les centres de l’excellence mondiale en matière de formation) n’ont pas la réputation de distribuer leurs diplômes à des crétins ou des esprits faibles et incohérents.
A l’épreuve des faits, Mgr Williamson sort dégagé de toute cette gangue de faux jugements dévalorisants, les faits recoupés lui rendent justice et arrachent ce masque de médiocrité, pour faire apparaît en pleine lumière la figure d’un clerc qui fait preuve d’un rare et remarquable sens logique, doublé d’un brio notable, dans la plus pure tradition britannique, travaillant sans médiocrité mais avec succès afin d’empêcher qu’aucune force de réaction n’aboutisse jamais à des conclusions claires et salutaires, ni que le combat de cette réaction ne croisse et de ne se développe jamais.
Dès les premiers jours de la naissance de Virgo-Maria.org en février 2006, Mgr Williamson avait demandé à nous rencontrer et à nous rencontrer. Avec le recul du temps, et comme nous l’avons déjà dit, il devient clair que cette rencontre participait de cette stratégie désormais tri décennale de l’ancien anglican de développer des relations amicales en espérant parvenir au fil du temps à mieux nous circonvenir.
Mais éclairés par les faits qui s’accumulaient, nos yeux se sont dessillés et nous avons ainsi mis en évidence depuis neuf mois[4], les différents points doctrinaux sur lesquels la marque de Mgr Williamson apparaît de façon éclatante pour mieux stériliser complètement le combat de Mgr Lefebvre et de l’œuvre qu’il a fondée en la fourvoyant dans des leurres et des impasses
Nous avons ainsi dénoncé, entre autres, le rôle particulièrement néfaste qu’a tenu Mgr Williamson, en poussant successivement le Père Pierre-Marie d’Avrillé, puis l’abbé Calderon, afin d’empêcher que la vérité de l’invalidité du nouveau rite de consécration épiscopale ne puisse être largement connue des clercs et des fidèles de la FSSPX.
Nous avons aussi dénoncé son double jeu au sujet du faux présenté comme étant le 3° secret de Fatima par Ratzinger le lundi 26 juin 2000, ainsi que la préparation des esprits des fidèles, lors du sermon des ordinations d’Ecône du vendredi 29 juin 2007, à un nouveau faux, un « 4ème secret » ou un secret « 3ème bis » qui apporterait l’épilogue prémédité à l’affaire montée de l’opposition Socci-Bertone, et entretenue à dessein depuis le jeudi 22 février 2007 par l’abbé apostat Ratzinger.
Par ailleurs, alors qu’à la différence d’un prêtre, un évêque catholique fait partie de l’Eglise enseignante, et reçoit les grâces d’état pour enseigner fidèles et clercs d’abord sur les points essentiels de la Foi et de la vraie Doctrine catholique, dont il est en quelque sorte le gardien, à la tête du troupeau de ses fidèles, il est extrêmement révélateur de devoir constater que dans ses sermons et homélies, même les plus solennels, Mgr Williamson évite en général de traiter des sujets de la Foi et de la Doctrine qui s’adressent à l’intelligence des fidèles, comme le faisait presque toujours Mgr Lefebvre. Au lieu de cela, semblant les prendre pour des enfants sans cervelle, il s’adresse le plus souvent à leurs sentiments et presque jamais à leur intelligence, invoquant des métaphores parfois ridicules et infantiles.
Et dans ses interventions au cours de colloques plus intellectuels, comme par exemple au 2ème Congrès théologique de Si Si No No des 2 au 5 janvier 1996 à Albano « Eglise et Contre-église au Concile Vatican II », traitant du sujet de l’Américanisme, condamné par la lettre apostolique Testem Benevolantiae de Léon XIII au Cardinal Gibbons du 22 janvier 1899, il utilise fréquemment dans son exposé le procédé d’énoncer le véritable principe directeur de l’erreur condamnée parmi les conséquences, ayant placé dans son exposé en principe directeur de l’erreur l’une de ses conséquences.
Tout cela est décidément très étrange.

Mgr Williamson, ce Janus à double face, possède néanmoins son secret et sa cohérence internes, même s’il se garde de l’avouer ou de les laisser paraître.
De façon très commune, Mgr Williamson doit beaucoup à sa jeunesse et aux influences qui l’ont façonné lors de son enfance, puis de sa jeunesse à l’Université et ensuite pendant ses neuf années d’expérience de vie professionnelle (1963-1972) avant son entrée tardive au séminaire.
Or, il existe un vide sur les années de jeunesse de Mgr Williamson, elles restent peu connues.
L’admirateur du Dailycatholic.org écrit « peu de choses sont connues de sa vie dans les premières années », néanmoins sa biographie sur Wikipedia nous apprend ceci :
« Richard Nelson Williamson est né au Royaume-Uni dans une famille londonienne, le cadet de trois garçons de parents anglicans. Il a fait ses études au collège Ardingly ainsi qu’au au collège Winchester. Après avoir reçu un diplôme de littérature à l’Université de Cambridge, il fut professeur dans un collège au Ghana. A cette époque, il était fortement sous l’influence de Malcom Muggeridge, et beaucoup y voient l’origine de son chemin de conversion au Catholicisme. C’est durant ses années africaines que Williamson rencontra au Gabon un Albert Schweitzer, alors âgé.
En 1971 Williamson fut accueilli dans l’Eglise Catholique Romaine par l’abbé John Flanagan, un missionnaire irlandais qui exerçait en Angleterre. Il entra peu après au Séminaire International de la Fraternité Saint Pie X à Ecône en Suisse. En 1976 il y fut ordonné prêtre par Mgr Lefebvre. » Wikipedia[5]
Fait singulier et capital, la biographie de l’évêque britannique souligne que durant sa jeunesse, au sortir de Cambridge, « il était fortement sous l’influence de Malcom Muggeridge ».
Qui était Malcolm Muggeridge ? Il s’agissait d’un homme issu du milieu Fabien, celui du socialisme mondialiste technocratique, qui en Angleterre structura le parti travailliste :
« Thomas Malcolm Muggeridge (24 mars 1903 – 14 novembre 1990) était un journaliste, un auteur, un satiriste, une personnalité des medias, un espion militaire, et tardivement un apologiste chrétien. »
Et l’admirateur du Dailycatholic.org évoque le séjour du jeune anglican au Ghana comme professeur de littérature en soulignant, durant cette période (1963-1965) l’influence considérable de Malcolm Muggeridge sur le jeune diplômé de Cambridge :
“During this time he was greatly influenced by the indomitable Malcolm Muggeridge and many believe that sparked his conversion to Catholicism. Bishop Williamson wrote last August, "I can remember Malcolm Muggeridge saying that just when the modern world had proved itself a busted flush in the aftermath of WWII, and just when the Catholic Church could and should have accepted the world's unconditional surrender to her Truth, just then the Catholic churchmen themselves surrendered at the Second Vatican Council, and went over to those modern principles which are the dissolution of Catholicism." Mgr Williamson
Richard Williamson met en exergue, tel un leitmotiv, l’hostilité farouche de Muggeridge à l’endroit du monde moderne.
Le 1er décembre 1990, Mgr Williamson prononcera un discours (lire le texte original en anglais dans les annexes à cette étude) qui s’apparente à un éloge funèbre pour le décès du maître à penser de ses jeunes années anglicanes. Dans ce texte, il compte Muggeridge parmi les âmes qui cherchent Dieu et l’appelle « Cher Malcolm » :
"Ainsi Malcolm Muggeridge a disparu, à l’âge vénérable de 87 ans. Il fut un journaliste et producteur d’émissions radiophoniques réputé dans le monde anglophone, tout spécialement dans son propre pays, l’Angleterre, et il s’est converti au Catholicisme à la fin de sa vie. D’innombrables âmes cherchant Dieu lui doivent une fière chandelle. J’étais l’une d’entre elles. Cher Malcolm! - "Dieu lui accorde le repos de toutes les routes sur lesquelles il a pu l’offenser." Mgr Williamson
Indigné par les Beatles et les ravages qu’ils produisent parmi la jeunesse anglaise, Richard Williamson se tourne vers celui qui tonne de façon implacable contre le XX° siècle :
« A mon retour en Angleterre en 1965, après un séjour de deux ans en Afrique, maître d’école à Londres, j’ai trouvé les écoliers, ainsi que leur pays, ravagés par, notamment, quatre têtes brûlées indignes connues sous le nom de Beatles ; j’ai recherché alentour une voix de bon sens ou de rappel à la dignité, et c’était alors Malcolm Muggeridge qui, par ses propos choisis mais impitoyables, condamnait sans appel notre indigent vingtième siècle. » Mgr Williamson
Le vieil évêque salue la malice et l’astuce de l’artisan de la langue anglaise que fut Muggeridge et dont il sut user pour réduire en miettes les dieux du libéralisme (ou gauchisme car le terme liberalism est beaucoup plus marqué en anglais) s’attirant, par ses piques, les sarcasmes des gauchistes :
« Pleins d’astuces et d’entrain, les articles que je pouvais lire sous sa plume traitaient des dieux factices du Libéralisme, pour, sans pitié ni méchanceté, les réduire en pièces. De pauvres libéraux accusaient Malcolm d’être 'négatif', d’être 'destructif' – vous connaissez parfaitement ce refrain stupide ! – mais pour quiconque avait des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, il y avait bien plus chez lui que cela. En premier lieu, quelqu’un qui n’a rien à dire, ne s’embarrasse pas de style ou de professionnalisme pour le dire, mais Malcolm avait toujours du style et se montrait un artisan habile de la langue anglaise.
Et en second lieu, derrière toutes ses impiétés ironiques et iconoclastes courrait la conscience cohérente de valeurs réelles qui condamnaient tous les poltrons poseurs qui les avaient trahies. De cette manière, bien qu’il n’était pas à l’époque Catholique, et que, pour autant qu’il m’en souvienne, lui-même ne professait même pas d’être Chrétien, il attirait un grand nombre de croyants implicites ou explicites qui ne trouvaient personne d’autre pour défendre leurs esprits et leurs âmes contre le grand mensonge du Libéralisme avec lequel, en tant qu’hommes, leurs chefs officiels composaient plus ou moins. » Mgr Williamson
C’est à vélo, et, sans s’être fait annoncer, que Richard Williamson se rend pour la première fois chez les Muggeridge.
Malcolm écoutera les souffrances du jeune Williamson, tourmenté par son siècle et le gauchisme qui l’accable. Par la suite, Malcolm Muggeridge l’appellera avec affection ‘mon cher garçon’.
“C’est ainsi qu’un jour j’ai pris ma bicyclette, et je suis allé à son cottage le voir à Robertsbridge, Sussex. Je ne puis me souvenir si j’avais annoncé ou non au préalable ma visite (absolument sans importance). En tout cas, lui et son épouse Kitty me reçurent très gentiment, et me tinrent à déjeuner ; nous nous sommes entretenus ; il écoutait, et il saisissait l’essence de tout ce que 'son cher jeune homme' avait à lui dire au sujet du malheur d’avoir à enseigner une jeunesse abandonnée en ce Londres du milieu du XXème siècle. » Mgr Williamson
En 1990, Mgr Williamson, comme s’il voulait allumer des contre-feux préventifs à l’encontre d’éventuels soupçons, se défend que cette visite, prolongée par une demi-douzaine d’autres dans les années qui vont suivre, ait amorcé une relation amicale privilégiée entre le jeune londonien tourmenté par le monde moderne et le journaliste Fabien pourfendeur des excès libéraux du XX° siècle, il prétend ne pas avoir cette prétention, puisque selon lui, de nombreux autres britanniques en firent de même :
“J’ai gardé le souvenir affectueux de peut-être une demi douzaine de telles visites à Malcolm et Kitty au cours des quelques années qui suivirent. Je suis en train de me vanter d’avoir été un de leurs amis intimes, mais seulement en cela que Malcolm était pour moi un bon ami, comme je ne doute pas qu’il l’était de centaines, peut-être de milliers, d’abandonnés du XXème siècle qui ont fait comme moi le pèlerinage pour rencontrer le Sage de Cottage Park. » Mgr Williamson
Selon Mgr Williamson, une telle relation entre lui et Muggeridge, amplifiée par une telle influence, n’eût jamais existé, si Malcolm Muggeridge avait été pleinement catholique. Il y voit une action de la Providence qui parvint ainsi à l’atteindre et à l’aider sur un chemin qui devait le conduire à l’Eglise catholique :
« Comme Dieu est bon! Je pense que si Malcolm avait été à cette époque un Catholique de stricte obédience, j’aurais pu ne pas m’être approché de lui. Tel qu’il était, avec son esprit affûté et indépendant qui l’a conduit directement au sein de la mouvance de gauche pour en sortir de l’autre côté, avec son refus total d’être dupe des illusions du XXème siècle, et avec sa sagesse et sa bonté de coeur qu’il manifestait par son écoute et sa cordiale hospitalité, il m’a fortement poussé vers le moment où j’ai quitté Londres pour le précéder dans l’Eglise Catholique. » Mgr Williamson
« Le précéder dans l’Eglise catholique » ? Mgr Williamson considère donc qu’en rejoignant l’Eglise conciliaire de Wojtyla-Jean-Paul II, Malcolm Muggeridge aurait rejoint l’Eglise catholique ?
Après la conversion de Richard Williamson en 1970, et avant l’entrée du britannique au séminaire d’Ecône en 1972, une autre rencontre aura lieu dans le Sud de la France entre le jeune londonien et le couple Muggeridge et, tous les trois ensemble iront à une messe locale, c’est-à-dire très vraisemblablement à la nouvelle messe selon le rite de Paul VI que Mgr Williamson présente néanmoins comme étant le véritable mystère de la Foi auquel assiste l’ancien journaliste en recherche mais pas encore converti :
"Ah, mon cher jeune homme, ainsi vous êtes à présent devenu un membre entièrement “encarté”," ce fut par ces mots qu’il me salua lorsque que je lui rendis ensuite une visite dans le Sud de la France, comme si j’avais fait quelque chose d’analogue à mon affiliation au Parti Communiste ! Mais je puis me souvenir, alors que je me rendais avec eux à une Messe locale, comment il me disait en quelque sorte que Kitty et lui y venaient tous les jours en restant assis au fond... Malcolm me disait que la simple idée de recevoir la Communion était quelque chose qui lui restait encore étranger... pourtant la révérence avec laquelle il assistait à la Messe, comment pourrais-je la décrire? Cet homme aux cheveux blancs retiré au fond de l’obscurité de l’église, la compagne de sa vie à ses côtés, et avec ses d’années de vie et d’une vie de combats derrière lui, plusieurs décennies d’efforts et de recherches, toutes plongées en silencieux hommage devant le grand Mystère en lequel il pressentait, mais ne pouvait encore discerner, la Réponse.... Et nous accèderions à la lumière du jour, et le XXème siècle prendrait à nouveau le dessus avec café et petit déjeuner, et raillerie. » Mgr Williamson
Et Mgr Williamson se réjouit en 1990, deux ans après son sacre, que Malcolm Muggeridge et sa femme Kitty aient rejoint l’Eglise conciliaire en 1982.
Nous savons, de son propre aveu, que Mgr Williamson est entré successivement dans deux séminaires conciliaires avant d’en être à chaque fois expulsé. Ainsi pour Mgr Williamson, cette adhésion des deux époux anciens Fabiens à l’Eglise conciliaire représente l’entrée de ces deux âmes dans l’unique Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Lire ces lignes, qu’il ne ponctue même pas par l’ombre du regret de ce que ce parcours religieux ait pu s’avérer incomplet, inachevé, car ils avaient rejoint ce que Mgr Lefebvre appelait la « nouvelle religion », révèle à quel point Mgr Williamson est en réalité fondamentalement moderniste et attaché à l’Eglise conciliaire. La seule réserve qu’émet Mgr Williamson sera littéraire, il souligne la surprise des catholiques qui découvriront dans l’autobiographie de Malcolm Muggeridge, la quasi-absence de références chrétiennes (St Augustin faisant figure d’exception) dans la liste des personnages historiques que Muggeridge vénérait.
Et le jugement de Mgr Williamson trahit à nouveau un état d’esprit moderniste quand il déclare que ce fut par « le cœur » que le journaliste devint un Catholique, faisant totalement abstraction dans son propos de l’importance de la vérité de la Foi et de l’adhésion de l’intelligence. Et ne pouvant sans doute pas nier l’évidence (que des biographes de Muggeridge constateront), Mgr Williamson reconnaît qu’une « partie de la tête » du journaliste resta en-dehors de l’Eglise. Un tel laxisme de Mgr Williamson aggravé par l’action de grâces, en face de la semi-conversion de Muggeridge à la religion conciliaire, ne livre pas tant les secrets de l’âme de Muggeridge qu’il ne dévoile plutôt le fond de la pensée de Mgr Williamson, que l’évêque laisse percer à la lumière, sous l’émotion de l’évocation de la mort de son mentor.
A travers ces lignes, Mgr Williamson parle et laisse filtrer ses convictions profondes, qu’il se garde bien de révéler et nous pouvons retourner à Mgr Williamson l’appréciation qu’il porte lui-même à l’encontre de Muggeridge mais désormais pour questionner l’évêque et sans concession :
Que signifie pour Mgr Williamson une véritable conversion à la Foi catholique et que signifie l’Eglise conciliaire, serait-elle véritablement l’Eglise catholique ?
“Aussi ne fut-ce pas une grande surprise, lorsque peut-être quelque dix années plus tard, lui et Kitty entrèrent au sein de l’Eglise. Deo gratias. Pourtant des lecteurs Catholiques pourraient être surpris par exemple par le choix non catholique de ses héros, avec quelques exceptions, comme bien sûr celui du grand Saint Augustin qu’il affectionnait. Hélas, je n’ai jamais plus revu Malcolm après qu’il fut devenu Catholique, de sorte que je ne puis être certain de comment il avait évolué, mais j’ai des raisons de penser qu’il est entré dans l’Eglise poussé par son coeur, tout spécialement conduit par l’exemple et le contact de Mère Térésa de Calcutta, alors même qu’une certaine partie de sa tête demeurait à l’extérieur, avec les existentialistes et leurs progéniteurs. » Mgr Williamson
Et la “sincérité” de Malcolm Muggeridge ne saurait suppléer à ses défaillances de la confession complète de la Foi catholique.
Aller puiser dans l’engagement de Muggeridge pour le combat de la vie, un certificat de catholicité, en dépit du mérite qu’il ait pu avoir à parler à contre-courant dans les années 1960, un tel discours pourrait se comprendre dans la bouche d’un lecteur de Famille chrétienne, dans le milieu conciliaire conservateur, ou encore dans la bouche d’un rallié, lecteur de Présent et disciple de Jean Madiran, mais en aucun cas, il n’est acceptable dans la bouche d’un clerc de la FSSPX et encore de la part d’un de ses évêques. C’est pourtant ce que signe Mgr Williamson le 1er décembre 1990, à moins de quatre mois de la mort de Mgr Lefebvre. Un tel jugement de Mgr Williamson est typiquement moderniste.
« Mais que de tels lecteurs soient assurés qu’une large part de la tête de Malcolm était Catholique – combien de recteurs catholiques d’une prestigieuse université auraient démissionné, comme il l’a fait, des années avant qu’il ne devienne catholique, en signe de protestation contre l’entrée des contraceptifs sur le campus? Il croyait avec une sincérité totale à tant de valeurs que bien des 'Catholiques' avaient tout simplement abandonnées. En tout cas, il était un phare dans les ténèbres pour beaucoup d’épaves spirituelles de notre époque, telles que moi-même. Cher Malcolm, merci, et au revoir! Lecteurs, dites une prière pour l’âme de Malcolm et pour Kitty qu’il a laissée derrière lui :
"Terre, n’appuie pas trop sur ces os
de Malcolm, celui qui détestait les charlatans,
Pour se relever, ils sont trop fatigués à présent
Et plus tard rien ne les arrêtera. » Mgr Williamson
Cet éloge funèbre de Muggeridge nous dévoile un Richard Williamson profondément libéral et attaché à l’Eglise conciliaire, mal converti, et dont les convictions profondes ultimes s’enracinent dans un rejet viscéral du monde moderne et de ses excès des années 1960, particularité qu’il partageait avec Muggeridge, mais cela ne suffit pas à faire un catholique pleinement converti. Une telle motivation n’est pas propre aux catholiques. Un clerc à la formation hégélienne tel que l’abbé Schmidberger pourrait la partager, tout comme un partisan de la Nouvelle Droite.
Poursuivant notre enquête sur Mgr Williamson et ses origines, nous découvrons que, longtemps après sa conversion et moins de 2 ans après sa consécration épiscopale, les tropismes de sa jeunesse anglicane fonctionnent toujours.

Les précédents documents ont éclairé la profonde influence qu’a exercée Malcolm Muggerigde sur le jeune Williamson dont l’évêque se reconnaît profondément débiteur lors de l’oraison funèbre du journaliste.
Essayons maintenant de découvrir quelles furent la vie et la pensée de ce Mentor de Mgr Williamson et d’approfondir notre connaissance de son milieu d’origine.
Mais qui était donc ce personnage, au demeurant peu connu du public francophone ? Avant de répondre plus en détail à cette question, nous livrons déjà quelques éléments biographiques clés fournis par Wikipedia.
« Thomas Malcolm Muggeridge (24 mars 1903 – 14 novembre 1990) était un journaliste, un auteur, un satiriste, une personnalité des medias, un espion militaire, et tardivement un apologiste chrétien. » Wikipedia
« Son père, H.T. Muggeridge, était un important Conseiller municipal du parti travailliste de Croydon, dans le Sud de Londres, et fut, pour une courte période, membre du Parlement pour le comté de Romford au cours du second gouvernement travailliste de Ramsey McDonald. Sa mère s’appelait Annie Booler.
Malcolm, l’un des cinq garçons, étudia à l’école de grammaire Selhurst ainsi qu’au Collège Selwyn de l’Université de Cambridge quatre ans durant, obtenant son diplôme en 1924 avec une mention passable pour les sciences naturelles. Il partit alors enseigner aux Indes. Alors qu’il était encore étudiant, il avait donné des cours durant de brèves périodes en 1920, 1922 et 1924 au collège John Ruskin de Croydon, où son père était président des préfets.
De retour en Angleterre en 1927, il épousa Katherine Dobbs (1903-1994), appelée aussi Kathleen or Kitty, dont la mère Rosalind Dobbs était une jeune sœur de Béatrice Webb. Il travaillait comme professeur suppléant, avant de partir six mois plus tard enseigner en Egypte. C’est là qu’il fit la connaissance d’Arthur Ransome qui passait en Egypte comme journaliste pour le Manchester Guardian. Ransome recommenda Muggeridge aux rédacteurs en chef du Guardian et il fut employé comme journaliste pour la première fois. » Wikipedia
« D’abord attires par le Communisme, Muggeridge et son épouse arrivèrent à Moscou en 1932, où Malcolm devait être le correspondant du Manchester Guardian, attendant William Chamberlain qui allait prendre un congé. Au début de son séjour à Moscou, son principal travail de journaliste fut d’écrire une nouvelle ‘Picture Palace’ sur ses expériences au Manchester Guardian, qu’il termina et soumit aux éditeurs en janvier 1933. Malheureusement les éditeurs, inquiets d’éventuelles poursuites en diffamation, le livre ne parut pas ce qui entraîna des difficultés financières pour Muggeridge qui n’était pas réellement employé à cette époque, n’étant payé qu’à la pige. Perdant rapidement ses illusions sur le communisme, Malcolm décida d’enquêter directement sur la famine en Ukraine, voyageant là-bas et dans le Caucase sans la permission des autorités soviétiques. Les rapports qu’il envoyait au Guardian par la valise diplomatique, et qui échappaient ainsi à la censure, n’étaient ni imprimés dans leur intégrité, ni ne paraissaient sous le nom de Muggeridge. »
« Au même moment, Gareth Jones, un journaliste rival, qui avait rencontré Muggeridge à Moscou, devint célèbre avec sa propre histoire qui confirmait l’ampleur de la famine. Ecrivant dans le New York Times, Walter Duranty niait effrontément l’existence d’une famine quelconque. A son crédit, Gareth Jones écrivit des lettres au Guardian à l’appui des articles de Muggeridge sur la famine. Etant entré directement en conflit avec la ligne éditoriale du journal, Muggeridge en revint à écrire des nouvelles, commençant Hiver à Moscou (1934), décrivant les conditions réelles dans l’utopie socialiste, et raillant les journalistes occidentaux complaisants pour le régime de Staline. Il devait par la suite traiter Duranty de "plus grand menteur que j’ai jamais rencontré dans le journalisme". Plus tard il engagea une collaboration littéraire avec Hugh Kingsmill. Les conceptions politiques de Muggeridge changèrent quand il passa de ce que l’on peut qualifier d’un point de vue de socialiste indépendant, à ce que beaucoup ont considéré comme une posture de droite qui n’était pas plus tendre dans ses critiques des problèmes de société. Les idées politiques de Muggeridge ne se sont jamais prêtées facilement à la catégorisation en termes de partis politiques. » Wikipedia
« Au cours de la guerre il faisait partie des services du Secret Intelligence Service britannique en opération à Bruxelles, lequel était dirigé par Richard Barclay, un homme faible que Muggeridge et son collègue Donald tyrannisaient. La tentative de Muggeridge de s’attribuer auprès de Barclay, par vaine gloriole, le mérite du démantèlement d’un réseau d’espionnage allemand à Anvers, dans lequel il n’avait joué aucun rôle, suscita les protestations indignées de ceux qui avaient été impliqués, (Richard Gatty et Charles Arnold-Baker). Il fut par la suite expédié à Lourenço Marquez, ville neutre de l’Afrique orientale portugaise, où l’on dit qu’il fut responsable de la capture d’un U-boat allemand, mais il parla aussi plus tard d’une tentative de suicide. Peu après la Libération de Paris par les alliés, Muggeridge fut chargé d’une enquête préliminaire sur P.G. Wodehouse poursuivi à propos de cinq émissions radiophoniques effectuées à partir de Berlin durant la guerre. Bien que prêt au départ à détester Wodehouse, son entretien fut le départ d’une amitié durable et d’une relation en matière d’édition. Cette rencontre fit plus tard l’objet d’un pièce de théâtre de Roger Milner "Au delà de la plaisanterie ". » Wikipedia
« Il travailla pour d’autres journaux, y compris le Calcutta Statesman, l’Evening Standard et le Daily Telegraph. Il fut rédacteur en chef du Punch Magazine de 1953 à 1957, poste qui était un défi pour quelqu’un qui proclamait n’avoir aucun sens de l’humour. En 1957 il fut l’objet d’un grave opprobre public et professionnel pour avoir critiqué la monarchie britannique dans un magasine américain, le Saturday Evening News. Etant donné son titre provocateur "L’Angleterre a-t-elle vraiment besoin d’une reine?", son article fut délibérément retardé durant cinq mois par un éditeur avisé de sorte de coïncider avec la visite royale d’Etat à Washington DC qui devait avoir lieu plus tard dans l’année. Alors que cet article n’était guère plus qu’une resucée de points de vues déjà exprimés dans un article de 1955 "Royal Soap Opera", cette malheureuse programmation suscita une réaction particulièrement outragée en Grande-Bretagne, et il fut, pour une courte période, interdit de studio à la BBC, tandis qu’un contrat avec les journaux Beaverbrook était annulé.
Sa mauvaise réputation contribua à propulser sa carrière pour devenir un responsable d’émissions radiophoniques encore plus connu avec une réputation d’interviewer intraitable. Mais au cours des années 60, il était dans une période au cours de laquelle ses propres convictions spirituelles commençaient à avoir plus de poids dans sa carrière professionnelle. De plus en plus il devenait quelque peu ridicule et caricatural lorsqu’il entreprenait de dénoncer fréquemment à la radio et à la télévision la nouvelle fatigue sexuelle des hippies des années 60. Ses quolibets visaient particulièrement la mode "Pilules et Pétard" – pilules anti-conceptionnelles et cannabis. Son livre de 1966, ‘Marche légèrement parce que tu marches sur mes plaisanteries’, fut publié au cours de sa période de recherche spirituelle, et bien que cinglant dans son humour, dénotait en même temps un regard sérieux sur la vie. Ce titre est une allusion à la dernière ligne du poème de W.B. Yeats ‘Il désirait les vêtements du Ciel’ – "Marche légèrement parce que tu marches sur mes rêves." En 1967, il prêcha à l’Eglise Sainte Marie la Grande à Cambridge, ainsi qu’en 1970. Ayant été élu comme recteur de l’Université d’Edimbourg, Muggeridge saisit l’occasion d’un sermon à la Cathédrale Saint Gilles en janvier 1968, pour démissionner de sa charge en guise de protestation contre la position du Conseil des représentants des élèves sur la question de "Pilules et Pétard". Ce sermon fut publié par la suite sous le titre ‘Un autre Roi’.
Muggeridge devint célèbre en tant que " découvreur " de Mère Teresa, qu’il fut le premier à interviewer à Londres en 1968. Il raconta au monde ses hauts faits grâce à un documentaire de télévision filmé à Calcutta appelé ‘Quelque chose de Beau pour Dieu’, ainsi qu’un livre du même nom devenu un best-seller. Il était célèbre pour son esprit et ses écrits profonds (comme par exemple, "N’oubliez jamais que seul le poisson mort nage avec le courant "). Il a écrit une autobiographie en deux volumes sous le titre ‘Chroniques du Temps perdu’. Le premier volume (1972) s’intitulait ‘Le Bâton vert’, et le second volume (1973) ‘Le Bosquet infernal’. Un troisième volume était prévu ‘Le bon œil’ pour couvrir la période d’après guerre; il fut commencé, mais jamais terminé. » Wikipedia
« Après avoir, presque toute sa vie durant, professé publiquement être un agnostique, il découvrit sa voix chrétienne en publiant Jesus Redécouvert en 1969, une série d’essais, articles et sermons sur la Foi. Il est devenu un best-seller. ‘Jésus : L’Homme qui est vivant’ suivit en 1976, une oeuvre plus substantielle décrivant l’évangile avec ses propres mots. Dans ‘Un troisième Testament’, il brosse le portrait de sept penseurs spirituels, ou « Espions de Dieu » comme il les appelle, qui ont influencé sa vie : Augustin d’Hippone, William Blake, Blaise Pascal, Léon Tolstoï, Dietrich Bonhoeffer, Soeren Kierkegaard, et Fiodor Dostoïevsky. C’est à cette époque qu’il a produit plusieurs documentaires importants à thèmes religieux à la BBC, y compris ‘Sur les pas de Saint Paul’.
En 1979 il attaqua publiquement John Cleese et Michael Palin au cours d’un débat télévisé sur la question du blasphème public du film des Monthy Python La vie de Brian. » Wikipedia
« En 1982, il surprit beaucoup de monde par sa conversion au Catholicisme Romain à l’âge de 79 ans, avec sa femme Kitty. Cette conversion était largement due à l’influence de Mère Teresa. Son dernier livre ‘Conversion’ ; publié en 1988 et récemment réédité, décrit sa vie comme un pèlerinage du 20ème siècle – un voyage spirituel.
Muggeridge était un personnage controversé – largement connu pour être un buveur, un fumeur invétéré et un libertin au cours de sa vie précédente. Pourtant, plusieurs de ses œuvres les plus connues sont dues à la foi qu’il a trouvée tardivement, et qu’il a exprimée avec éloquence dans ses émissions comme dans ses écrits, et dans ses énergiques combats sur des questions morales. A présent, on se souvient de lui avec affection sous le nom de St. Mugg. Dans son livre, ‘Jesus: L’homme qui est vivant’, il dit, "Si Le plus grand de tous, Dieu incarné, choisit d’être le serviteur de tous, qui voudrait être le maître?" Il fut un chef de file lors du Festival de la Lumière de 1971 dans toute l’Angleterre, protestant contre l’exploitation commerciale du sexe et de la violence en Grande-Bretagne, et se faisant l’avocat de l’enseignement du Christ comme unique clé pour retrouver la stabilité morale de la nation.
Une société de littérature a été fondée sous son nom le 24 mars 2003, à l’occasion du centenaire de sa naissance, qui publie une lettre trimestrielle intitulée ‘La Gargouille’. Cette société, basée en Grande-Bretagne, est en train de rééditer les ouvrages de Muggeridge. Les écrits de Muggeridge sont réunis dans des collections spéciales du Collège Wheaton dans l’Illinois, USA. » Wikipedia[6]
Parmi les différentes facettes de ce personnage atypique, deux caractéristiques majeures s’imposent : Muggeridge est né dans le milieu Fabien le plus proche des fondateurs historiques (époux Webb). Puis il fut, durant la seconde guerre mondiale, un agent secret de l’Intelligence Service britannique.
« Au cours de la guerre il faisait partie des services du Secret Intelligence Service britannique en opération à Bruxelles, lequel était dirigé par Richard Barclay, un homme faible que Muggeridge et son collègue Donald tyrannisaient. La tentative de Muggeridge de s’attribuer auprès de Barclay, par vaine gloriole, le mérite du démantèlement d’un réseau d’espionnage allemand à Anvers, dans lequel il n’avait joué aucun rôle, suscita les protestations indignées de ceux qui avaient été impliqués, (Richard Gatty et Charles Arnold-Baker). »
Il faut rappeler que de façon générale, ces milieux du renseignement britanniques sont fortement mêlés à la Loge et tout particulièrement en Angleterre aux loges maçonniques traditionnelles, caractéristiques de l’alliance entre les milieux anglicans et les cercles rosicruciens traditionnels.
Dom Beauduin fut lui aussi, pendant l’année 1916, un agent de l’Intelligence Service, avant de lancer le mouvement œcuménique et de poursuivre le mouvement liturgique, qui devaient tout deux converger dans la subversion de Vatican II et la fabrication et l’instauration en 1968 d’un rite de consécration épiscopale invalide.
Plus tard, Muggeridge passa lui aussi pour un provocateur sur la question des mœurs en dénonçant dans les années 1960 la révolution sexuelle naissante.
« De plus en plus il devenait quelque peu ridicule et caricatural lorsqu’il entreprenait de dénoncer fréquemment à la radio et à la télévision la nouvelle fatigue sexuelle des hippies des années 60. Ses quolibets visaient particulièrement la mode "Pilules et Pétard" – pilules anti-conceptionnelles et cannabis. Son livre de 1966, Marche légèrement parce que tu marches sur mes plaisanteries, fut publié au cours de sa période de recherche spirituelle, et bien que cinglant dans son humour, dénotait en même temps un regard sérieux sur la vie. » Wikipedia
Cela valu à ce buveur et noceur (« Muggeridge était un personnage controversé – largement connu pour être un buveur, un fumeur invétéré et un libertin au cours de sa vie précédente. » Wikipedia), de s’attirer une étiquette de ‘conservateur’, ce qui ne manquait pas de piment pour un ancien admirateur du communisme stalinien des années 30.
Le satiriste Muggeridge est aussi l’homme qui assure le lancement médiatique de sœur Teresa de Calcutta.
Sur la fin de sa vie, en 1982, il se convertira et rejoindra l’Eglise conciliaire, publiant quelques ouvrages d’apologétique.
Examinons maintenant l’enfance et la belle-famille de Malcolm Muggeridge.
Voici quelques extraits de ce qu’en dit Richard Ingrams, l’un de ses biographes, dans son chapitre sur l’enfance du journaliste, tel que le publie le Washington Post.
Le père de Malcolm était engagé à la Fabian Society et militait dans la vie politique comme socialiste.
“From his lunchtime reading, H. T. Muggeridge acquired an absorbing interest in politics and literature. Though later he became a Labour MP, his first commitment was to the Penge Liberal Association and he played an active role in campaigning for a free library in the borough as well as for public baths. By the early Nineties he had become a socialist, joined the Fabian Society in 189, and later the ILP. He became secretary of the Croydon Socialist Society in 1895 and stood unsuccessfully as a local council candidate in Norwood in 1896 and '97. He was an excellent public speaker though not always allowed a hearing. A lively report in the Croydon Times for 5 October 1899 tells of an anti-Boer War demonstration at Duppas Hill where a mob of about 2,000 'patriots' broke up the meeting before it could even begin L’enfance de Malcolm Muggeridge” (…)”
Comportement typique du double jeu des Fabiens, le père de Malcolm votera pour un projet soumis par Oswald Mosley, le chef du Parti National Socialiste en Angleterre :
“In December 1930 he was one of a group of MPs from all parties to sign Oswald Mosley's manifesto calling for a planned economy to stimulate exports and plan home consumption. He lost his seat in October 1931 but was re-elected to the Croydon Council in 1933 until he resigned, due to ill health, in 1940, by which time he was 75.
In 1893 at the age of twenty-nine HTM married Annie Booler (…)”
Nous découvrons ici les liens qui unissent le père de Malcolm avec le reverend Anglican, Alec Vidler, théologien qui sera pendant 60 ans l’ami de Malcolm et dont nous reparlerons plus tard.
“Annie is still living in the world of simple love for those who the great father has given her" her husband wrote to Alec Vidler in 1926. "She has no introspection, no doubts, no ambitions--except perhaps still to look beautiful as is, I think, to be envied.
Annie bore him five sons at three-year intervals--Douglas, Stanley (killed in a motorcycle accident at the age of twenty-three on 19 August, 1922), Malcolm, Eric and Jack. His third son was born on 24 March 1903 and named Thomas Malcolm after one of his father's heroes, Carlyle. (…)”
“Although Malcolm spoke warmly in later life of his mother's working-class relatives, it would seem that he was never very close to his mother. (…)”
“Kitty Muggeridge always insisted that Malcolm was never really loved by his mother. (…)”
Malcolm sera absolument fasciné par son père Fabien et absorba toute la littérature fabienne de l’époque :
“His father was God. "From the beginning" he wrote, "we had some bond, some special intimacy which made me want to share and explore all his thoughts and interests and altitudes." (…)”
“As for books and ideas, Malcolm was educated almost entirely by his father. He went through his library--six or seven shelves in a glass-covered case- the books being those which would be found in any progressive Fabian household at that time, Carlyle Dickens, William Morris, Ruskin, Bernard Shaw, as well as socialist classics by the Webbs and R. H. Tawney. His own most treasured book was A Pageant of English Poetry (Clarendon Press) which his father gave him for Christmas in 1914 when he was eleven. It was the first book he possessed and he used to gaze at the frontispiece showing six famous poets (Keats, Tennyson, etc.) and wonder which one he was going to be. (…)”
“At the age of seventeen, Malcolm fell in love for the first and by no means the last time. Her name was Dora Pitman and they first met on the municipal tennis courts. From then on he spent many hours with her, visiting her home in Thornton Heath. 'Am fearfully in love with a charming little girl Dora" he wrote; 'she has simply wonderful eyes and writes poetry (…).”
Nous voyons à nouveau apparaître Alec Vidler, le clerc théologien Anglican, qui reçoit des lettres de la jeune femme courtisée par Malcolm :
“No one would wish to be judged by their juvenile efforts, let alone their letters. However, Dora's surviving letters to Alec Vidler suggest that Malcolm had a lucky escape. "And now I haven't told you how Malcolm is" she wrote (22 March 1923).”[7]
Les archives d’une bibliothèque anglaise présentent ainsi celle qui est devenue la belle-mère de Malcolm Muggeridge :
Rosalind Heyworth Dobbs 1865 – 1949. Rosalind Dobbs was the youngest daughter of Richard Potter, President of the Grand Trunk Railway of Canada and Chairman of the Great Western Railway (1817 - 1892). Her sister Beatrice Webb (1858 - 1943), was a prominent social reformer and wife of fellow reformer Sidney Webb, Baron Passfield (1859 - 1947). In 1888 she married Arthur Dyson Williams (1859 - 1896), a barrister. They had one son, Noel, who died in World War I. After her husband's death she lived abroad for three years. In 1899 she married George Dobbs (1869 - 1946). Dobbs worked for Dent publishing house, but after his marriage he started his own publishing firm with a colleague. The firm went bankrupt, and the Potter sisters offered to pay his debts provided the couple agreed to live abroad. They went to live in Switzerland, and Dobbs worked for a travel business. They had four sons and a daughter, Kathleen (1903 - 1994), who married the writer Malcolm Muggeridge (1903 - 1990). [8]
Nous constatons le lien familial très proche entre Malcolm Muggeridge et les époux Webb.
Fabien par ses origines, Malcolm Muggeridge va par la suite passer pour un anti-communiste et même prendre sur la fin de ses jours, la posture de « prophète du XX° siècle ». Voici ce qu’en dit M.Decker en 2003 :
A prophet of the 20th Century
“Acknowledging the siege of the Ivory Tower, Muggeridge in 1979 told the author, "There are no Communists left in Russia; the only Communists knocking about today hold professorships at Western universities." In 1934, he predicted the Soviet invasion of Afghanistan 45 years ahead of time, and then in the mid-1970s-when democracies were in retreat-he predicted the upcoming collapse of the Soviet Union.” (…)
Malcolm Muggeridge recevra Michael Davies en février 1983, pour lui accorder une interview :
“For example, on Feb. 20, 1983, a few weeks after Muggeridge and his wife converted to Catholicism, he hosted prominent Catholic journalists Roger McCaffrey and Michael Davies at his home in Sussex, England, for a long question-and-answer session.
Published as A Fireside Chat with Malcolm Muggeridge and broadcast on Mr. McCaffrey's radio program, the interview is indispensable for a thorough biography of Muggeridge as it delves into his analysis of the state of the church into which he was famously received.
Au moment de sa conversion, Malcolm Muggeridge adopte une attitude critique envers Vatican II et Jean XXIII :
Referring to Pope John XXIII, who instigated the liberalizing Second Vatican Council (1962-1965), Muggeridge told Mr. Davies: "Pope John, who's built up as a sort of saintly and perfect pope, the good man of our time, whether consciously or unconsciously did more damage to the Church than possibly any other individual man had done in the whole of its history. . . It seemed almost as though Pope John was operating on behalf of the Devil."” (…)
Mais sa perception du combat de la Foi est prioritairement morale et non pas théologique et doctrinale :
“A Casanova and a liberal in his own right when he was younger, Muggeridge was intimately aware of the spiritual dangers of sexual and ideological promiscuity. He viewed it as religion's role to warn against vice, not accommodate it. As the institutions of Christianity strove to be one with the world instead of antagonistic to it, culture was left defenseless. As Malcolm Muggeridge saw it, society was throwing in the towel, and clergymen sadly were the first to surrender.”[9]
En 1990, Mgr Williamson souligne cet aspect, ce qui ne l’empêche pas de lui accorder une grande importance, mais est-ce là suffisant pour un évêque catholique ?
En quoi ces points distinguent-ils Mgr Williamson du discours des ralliés ?
Cernons maintenant quelques traits de la personnalité de Muggeridge à travers les réactions de quelques observateurs.
Le 24 mars 1996, le New York Times publie un article qui présente Malcolm Muggeridge comme l’incarnation du dilettantisme et du goût des médias :
“The son of a gregarious Socialist orator from the provinces, Muggeridge (1903-90) carried the torch of English dilettantism for most of the 20th century, single-handedly setting the tone, as a writer and television host, for a global generation of people who have no idea what they want to do except that it has something to do with Media. (…)
As much with his style as with his subject, Mr. Ingrams, a columnist for The Observer, brilliantly succeeds in making Muggeridge a poster boy for the growing ranks of those trapped between greatness and importance. In the finest British tradition, Muggeridge elevated his dilettantism first to a profession and then to an art form. His genius and his lasting legacy are that through Media he found a way to make unfocusedness an end in itself.”[10]
Malcolm Muggeridge est le journaliste qui a ‘découvert’ Mère Teresa et qui l’a lancée dans les médias.
En 2007, il devient désormais public que cette religieuse n’avait sans doute pas la Foi, étant véritablement minée par le doute, dans des proportions stupéfiantes.
C’est ce que publie le journal Le Monde du 28 août 2007 :
« Mère Teresa de Calcutta avait-elle vraiment foi en Dieu ? Ainsi posée, la question apparaîtra sacrilège aux admirateurs de cette icône mondiale de la charité qui célébreront, le 5 septembre, le dixième anniversaire de sa mort. Elle ne l'est pourtant pas, comme le prouve la quarantaine de lettres, signées de celle que Jean Paul II béatifia à une vitesse record, en 2002, qui seront publiées aux Etats-Unis sous le titre Mère Teresa, viens, sois ma lumière.
Chez la religieuse albanaise née en 1910 à Skopje, fondatrice des Missionnaires de la charité, prix Nobel de la paix 1979, ces lettres trahissent la répétition de nuits de doutes et d'épreuves. "Où est ma foi ? Tout au fond de moi, il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité. Mon Dieu, que cette souffrance inconnue est douloureuse ! Je n'ai pas la foi", écrit-elle dans un texte non daté adressé à... Jésus-Christ, dont elle avait de fréquentes visions.
Dès 1959, elle est tenaillée par le doute : "Pourquoi je fais tout cela ? Si Dieu n'existe pas, il ne peut pas y avoir d'âme. S'il n'y a pas d'âme, alors Jésus, toi non plus, tu n'existes pas." Les mêmes mots reviennent : "obscurité", "torture", "agonie". Dans une autre lettre non datée, elle écrit : "Quand j'essaie de me tourner vers le Paradis, il y a un tel vide (...) J'appelle, je m'agrippe et il n'y a personne pour répondre. Personne à qui m'accrocher, non, personne. Seule."
De son vivant, on avait fait de Mère Teresa un modèle de perfection chrétienne, un bloc de certitudes. Mais "mon sourire est un masque", révèle-t-elle. En 1979, elle écrit à un ami pasteur : "Pour moi, le silence et le vide sont si grands que, quand je regarde, je ne vois pas ; quand j'écoute, je n'entends pas". (…)
Dès 1962, Mère Teresa avait livré ce pressentiment : "Si un jour, je deviens une sainte, je serai sûrement celle des ténèbres." »[11]
Ce doute de Mère Teresa doit être rapproché des paroles de Malcolm Muggeridge qui font l’éloge du doute comme partie intégrante de la Foi. Ces propos sont typiques d’une foi sentimentale et que ne nourrit pas une véritable adhésion de l’intelligence à la doctrine de l’Eglise.
C’est ce que commente un professeur d’économie financière du Tennessee au sujet d’une interview de Malcolm Muggerigde donné à FBS (émission ‘Firing line’):
“It is the gradual unfolding of human tragedies that taught Muggeridge that there must be more to the great drama of human life than what reason can explain (…).
At the time of his interview, Muggeridge was a Christian though not a member of any denomination. Buckley described him as the foremost lay apostle of Christianity. Within a few years of his interview, Muggeridge and his wife both joined the Roman Catholic Church; however, he remained sharply critical of the reforms following the Second Vatican Council and preferred the church in its pre-Vatican II ways. (…)
When asked how he found God, Muggeridge laughed that he did not have any type of Damascus Road conversion, where he was a non-believer one day and a believer the next. Instead, he found God through “the unfolding of an enlightenment which is full of doubt as well as certainty. I rather believe in doubting. It’s sometimes thought that it’s the antithesis of faith, but I think it’s connected with faith – something actually that St. Augstine said – like, you know, reinforced concrete and you have those strips of metal in the concrete, which make it stronger.” (…)
Muggeridge was correct that faith without doubt is no faith at all;”[12]
C’est aussi ce que l’on retrouve dans les propos de Mère Teresa et ce que reproduit Mgr Williamson en expliquant qu’une partie de la tête de Malcolm Muggeridge était restée au dehors de l’Eglise. Cette thématique apparaît également dans le sermon de Mgr Williamson le 29 juin 2007 à Ecône.
Un tel commentaire est-il acceptable de la part d’un évêque de la FSSPX ?
Nous aurions plutôt pensé trouver une telle formulation sous la plume d’un pseudo-clerc conciliaire.
Nous avons évoqué le milieu familial de Malcolm Muggeridge, allons désormais plus loin en examinant la Fabian Society qui point très nettement dans son milieu familial.
Le père de Malcolm Muggeridge est Fabien et sa femme Kitty est la nièce de Beatrice Webb, la femme de Sidney Webb, co-fondateur avec elle en 1884 de la Fabian Society.
Qu’est-ce donc ? Pour qui connaît le rôle déterminant joué par la Fabian Society dans l’histoire de l’Angleterre et du mondialisme, la présence du nom des époux Webb dans la biographie de Malcolm Muggeridge prend immédiatement un relief particulier.
Selon Wikipedia :
“The Fabian Society is a British socialist intellectual movement, whose purpose is to advance the socialist cause by gradualist and reformist, rather than revolutionary means. It is best known for its initial ground-breaking work beginning in the late 19th century and then up to World War I. The society laid many of the foundations of the Labour Party during this period; subsequently, it affected the policies of newly independent British colonies, especially India, and is still in existence today, one of 15 socialist societies affiliated to the Labour Party. Similar societies exist in Australia (the Australian Fabian Society), Canada (the Douglas-Coldwell Foundation and in past the League for Social Reconstruction), and New Zealand.”
Et selon un observateur de gauche qui n’en donne qu’une vue partielle en la sous-estimant (ce qui montre combien la Fabian Society excelle à masquer sa réelle influence, même aux yeux des observateurs de gauche, dont elle se dit pourtant proche) :
« Les fabiens (plus exactement les webbiens) sont, dans l'histoire des idées socialistes, le courant socialiste moderne qui a consommé de la façon la plus radicale son divorce avec le marxisme ; il est le plus éloigné du marxisme. C'était un réformisme social-démocrate presque chimiquement pur, sans aucun mélange, particulièrement avant la montée du mouvement de masse et socialiste en Grande-Bretagne, mouvement que les fabiens ne désiraient pas et qu'ils n'ont pas aidé à construire (malgré un mythe très répandu qui prétend le contraire). Les fabiens constituent dès lors une expérience très importante par rapport à d'autres courants réformistes qui payaient leur tribut au marxisme, adoptant une partie de son langage, mais le distordant dans sa substance. »
Et avant d’aborder la synthèse qu’en donne Epiphanius, évoquons certaines racines païennes de cette société semi-secrète :
« 1844: Naissance à Brighton de l'écrivain socialiste et réformiste Edward Carpenter qui injectera le paganisme dans le mouvement socialiste anglais (Socialist League, Fellowship of the New Life dont est issue la fameuse Fabian Society). Pour Carpenter, le socialisme doit conduire les peuples à retrouver une vie libre, primitive, simple, saine, morale, basée sur les idées de Whitman, Thoreau et Tolstoï. En 1883, Carpenter fonde une « communauté auto-suffisante » à Millthorpe entre Sheffield et Chesterfield. Son ouvrage principal date de 1889 (et s'intitule: Civilisation: Its Cause and Cure). Il y réclame notamment le retour des divinités féminines et apaisantes (Astarté, Diana, Isis, etc.). Carpenter meurt en 1929, après avoir exercé une influence durable sur les mouvements socialistes et pré-écologiques. »[13]
Il nous a paru particulièrement intéressant de citer des extraits de la présentation que fait le livre d’Epiphanius de la Société Fabienne (« Maçonnerie et sociétés secrètes – Le côté caché de l’histoire » - pages 189 à 197). Cette société établit une correspondance entre magie et technocratie.
Cet ouvrage a été publié, dans sa nouvelle édition de 2005, par les Editions du Courrier de Rome, qui sont contrôlées par la FSSPX. Le professeur italien Paolo Taufer collabore à cette publication.
« L'idée de Saint-Yves [d’Alveydre] du primat de l'économie sur la politique, - qui renverse l'ordre naturel selon lequel toute autorité vient de Dieu et se concrétise à travers le pouvoir politique exercé par cooptation - s'accompagne résolument de l'idée jacobine de l'État tout-puissant.
Deux composantes qui opèrent synergiquement, donnent vie à l'identité :
primat de l'économie + omnipotence de l'État = socialisme
Socialisme qui, en particulier dans l'État technocratique, tend de par sa nature à une forme d'universalité qui, normalement à l'insu des technocrates eux-mêmes, s'identifie en réalité avec la Théocratie universelle et, par là même, tire sa sève du panthéisme gnostique de la Haute Loge où le mage règne et « équarrit la pierre cubique » (c'est-à-dire impose sa volonté aux initiés de grade inférieur qui, à leur tour, sont investis du POUVOIR).
La Fabian Society anglaise est une bonne démonstration de cette correspondance biunivoque magie-technocratie. »[14] Epiphanius
La Fabian society est issue du mouvement socialiste anglais, lui-même animé par des personnes qui possèdent de fortes connexions avec Mazzini (occultiste et correspondant d’Albert Pike) et Annie Besant (théosophe).
Le nom de Fabien est repris de celui du consul romain Fabius, le « temporisateur » : les fabiens agiront donc lentement et de façon calculée pour parvenir sans combats violents visibles à leurs fins, en paralysant et endormant, et sans jamais leur livrer combat de front, ceux qu’ils veulent réduire. Leur mode opératoire sera l’entrisme.
« A l'automne 1880 quelques membres du « Rose Street Club » du quartier londonien de Sono se réunirent pour « propager le socialisme en Angleterre et ensuite dans le monde ». Le chef de ce groupe était un nommé Henri Mayer Hyndman, diplômé de Cambridge, collaborateur direct de Mazzini et leader d'une association dénommée « The National Socialist Party » (…)
L'année suivante, en 1881, Hyndman fondait la « Democratic Federation » avec la fille de Karl Marx, Eleonore, fédération que rejoindra l'amazone Annie Besant (1847-1933) qui dirigeait alors la nouvelle Société Théosophique 415 et était 33° degré du Rite Écossais de la Maçonnerie 416. On ne doit donc pas s'étonner de ce qu'écrivait le maçon Eugène Mittler :
« La maçonnerie fut pour les socialistes une école de premier ordre » et « les affinités entre le socialisme et la maçonnerie sont nombreuses, surtout l'idéal qui tend à la fraternité des peuples. » 417
Mais l'année clef fut 1884, quand, le 4 janvier, fut fondée en Angleterre la Fabian Society, dont le nom se référait à Quintus Fabius Maximus Cunctator (= le Temporisateur), le général romain qui, au lendemain de sa défaite sur le lac Trasimène, choisit d'éviter un combat frontal avec son vainqueur Hannibal, d'accepter seulement de brefs accrochages, et d'attaquer uniquement dans des conditions particulièrement favorables. Et pour les hommes de la Fabian Society la réorganisation de la société sur des bases socialistes devait être basée sur ce modèle : une pénétration lente, patiente et discrète, d'en haut, à travers la fondation d'écoles et d'universités qui forgeraient les futurs cadres des États, des administrations publiques et privées, des industries, en un mot les technocrates. » [15] Epiphanius
Tout en infiltrant Oxford et Cambridge, la Fabian Society va donner naissance à la très connue London School of Economics, à l’instigation des époux Sidney et Béatrice Webb.
« C'est ce qui se passa ponctuellement : en quelques années la Fabian Society infiltrait les universités d'Oxford et de Cambridge pour fonder en 1894, sous la haute autorité de Sidney Webb, la plus grande école marxiste d'Angleterre, la London School of Economies dirigée aujourd'hui par le professeur Sir Ralph Dahrendorf, d'origine allemande, mais citoyen britannique. Dahrendorf est un maçon de haut degré, membre de la Fondation Ford, du Club Bilderberg et du cercle intérieur de l'Institut des Affaires Internationales britannique (R.I.I.A.), « mère » de tous les Instituts semblables, fondé en 1919 avec l'argent reçu du banquier Sir Ernest Cassel, marchand de canons, membre de la Haute Finance internationale et ancien associé de la Banque Kuhn & Loeb de Wall Street, principal financier de la révolution russe 4I8
Elle a été dirigée jusqu'en 1983 par le sociologue allemand naturalisé britannique Sir Ralph Dahrendorf, provenant d'Oxford. Dahrendorf est maçon de haut grade, membre de la Fondation Ford, du Bilderberg Club et du cercle interne de l'Institut des Affaires internationales britanniques, la « maman » de tous les Instituts de ce type, fondé en 1919 (cf. Appendice 2).
L'influence de la Fabian Society déborde en Europe et aux U.S.A. : en 1914 il y a aux U.S.A. au moins 52 universités dotées de « Comités pour la paix » à vocation socialiste 4I9, parmi lesquelles les grandes universités américaines d'Harvard, Columbia, Johns Hopkins ». Epiphanius
Dans la Fabian Society, Georges Bernard Shaw, Eleonor Marx (fille de Karl Marx), les époux Webb et Annie Besant, jouent un rôle déterminant au service de visées qui mêlent théosophie et projet collectiviste.
« L'élément marquant de cette période effervescente fut l'anglais George Bernard Shaw, autour de qui gravitaient des personnages fabiens comme les époux Sidney et Béatrice Webb qui, selon le philosophe et critique social Elie Halévy (1870-1937), étaient « impérialistes avec ostentation... collectivistes » et pour lesquels « l'avenir appartenait aux grandes nations administratives, gouvernées par des bureaux et où l'ordre serait maintenu par des policiers » 420 ; ou encore Annie Besant, grande prêtresse de la Théosophie, qui s'orienta politiquement vers le socialisme et dont la vision des événements historiques peut être résumée dans ces paroles :
« Chaque guerre concourt à un but défini et quand une nation en attaque une autre et la soumet, cette conquête est utile aussi bien aux vainqueurs qu'aux vaincus [...]. Toutes ces guerres et ces conquêtes, ces luttes entre nations, entre races, font partie du Grand Plan [...]. 11 faut donc se convaincre que partout où il y a des conflits, ils sont dirigés par Manu 421 ; que partout où il y a des discordes, la main puissante du Seigneur des Hommes prépare l'avenir. » 422
Eleonor Marx, elle aussi, appartint à la Fabian Society ; c'était la fille préférée de ce même Karl Marx qui, selon le pasteur protestant roumain Richard Wurmbrand, un converti, aurait appartenu à une secte sataniste dont les adeptes se reconnaissaient à la forme typique de leur grande barbe 423. Eleonor épousa Edward Aveling, membre conférencier de la Société Théosophique 424 ; elle fut la fondatrice de centres fabiens aux U.S.A. avant de se suicider.
Un autre membre important du fabianisme fut Herbert George Wells (1866-1946), élément de liaison entre le monde des sectes et la Haute Finance, membre de la Fondation Rockefeller, écrivain à qui l'on doit l'expression « Nouvel Ordre Mondial » qu'il adopta comme titre pour l'une de ses œuvres.
415. L'essence de la Société Théosophique est gnostique, « terme juste et qui fait honneur à la théosophie », cf. The Theosophist, déc. 1950, cit. dans le « Bulletin du Grand Orient du Palazzo Giustiniani », avr. 1951, pp. 25, 26..
416. Serge Hutin, « La Massoneria », éd. Mondadori, 1961, p. 147.1' Anglaise Annie Besant, dont le nom est inséparable de la Théosophie, appartient aussi aux hauts degrés de Memphis-Misraïm. Cf. divers auteurs, « La libera muratoria », éd. Sugar, 1978, p. 110.
417. Eugène Mittler, « La Question des Rapports entre le socialisme, le syndicalisme et la Franc-Maçonnerie », 2° éd., Paris, 1911, éd. Universala. Universala était le nom réservé à l’« Imprimerie ouvrière espérantiste » ; comme on sait, l'esperanto est une langue artificielle créée en 1887 par le philologue polonais Lejzer Ludovik Zamenhof dans une tentative de créer un langage commun à tous en vue de raccourcir le chemin vers le Gouvernement mondial. Zamenhof était maçon et il appela l'espéranto « Langue commune mondiale ». En 1957 l'U.N.E.S.C.O. décréta de lui attribuer le titre de « Bienfaiteur de l'humanité ».
418. E. Cassel, « ami très intime du roi Edouard VII, est le fils d'un usurier de Cologne qui débarqua à Liverpool en 1868. Edouard VII fut le parrain de sa nièce Edwina. Celle-ci épousa Lord Louis Mountbatten [...].(…)» (cit. par Yann Moncomble, « La Trilatérale et les secrets du mondialisme », Paris, 1980, p. 57).
419. Pierre Faillant de Villemarest, « Les sources financières du communisme », éd. C.E.I., 27930 Cierrey, p. 54.
420. Yann Moncomble, « L'irrésistible expansion... », cit., p. 31. »
Fin de citation d’Epiphanius
Epiphanius poursuit en dévoilant la façon de faire de la Fabian Society : une unité d’objectifs s’accommodant de méthodes différentes.

Schéma de présentation des sociétés secrètes extrait du livre « Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire », Epiphanius, Publications du « Courrier de Rome, Nouvelle édition 2005, page 630.
Ces éditions sont placées sous la responsabilité de la FSSPX (Abbé du Chalard).
La « Fabian Society » apparaît dans l’échelon du POUVOIR
Citation du livre Epiphanius :
« Un historien insider (= de l'intérieur) de la Fabian Society, Harry W. Laidler, qui au début de ce siècle contribua à créer aux U.S.A., grâce à la collaboration de l'écrivain Upton Sinclair, de Jack London et d'autres, des noyaux fabiens d'où sortit l'administration Roosevelt et les gouvernements suivants 425, a écrit dans son « Histoire du socialisme » 426 :
« Le socialisme fabien estime que la transition (inéluctable) du capitalisme vers le socialisme doit s'effectuer graduellement. 11 prévoit la socialisation de l'industrie au moyen d'agences politiques et économiques bien contrôlées ; les classes moyennes sont, au besoin, le meilleur vecteur pour introduire et développer la technique d'une administration destinée à un nouvel ordre social [...]. »
En 1941, le président de la Fabian Society (il le fut à plusieurs reprises de 1939 à 1957) George Douglas H. Cole (1889-1959), professeur de théorie sociale et politique à Oxford, reprenait ce thème en soutenant l'équivalence de toutes les formes de socialisme pour réaliser à l'échelle mondiale le nouvel ordre fabien, en utilisant dans ce but :
« aussi bien les partis sociaux-démocrates, les travaillistes et d'autres d'Europe et du Nouveau Monde, que le communisme en Russie, ou divers groupes minoritaires ailleurs, du moment qu'entre eux il n'y a aucune différence d'objectif mais seulement de méthodes. » 427
Et le politologue français Pierre Faillant de Villemarest, citant des sources originales :
« Le dogme fabien, lit-on dans les publications internes de Londres, est de rester en même temps l'inspirateur de tous les socialismes et d'être toujours présent à gauche, au centre et à droite. » 428
Du reste Oswald Ernald Mosley (1896-1980), chef des fascistes anglais et grand admirateur de Mussolini, appartenait à la Fabian Society au même titre que les travaillistes A. Bevan, Clément R. Attlee, Harold Wilson -président de la Société en 1954-1955 - James Callaghan, Roy Jenkins, ou Bernard Shaw lui-même qui aimait proclamer :
« Nous sommes socialistes, le parti russe est le nôtre. » 429
Sur l'équivalence des diverses formes de socialisme, il est intéressant de noter ce que déclarait en 1971 dans le « New York Times », Walter Lippmann, bras droit du « Colonel » House, membre éminent de sociétés de la zone du POUVOIR comme la Pilgrims, la Round Table, la Fabian Society, directeur du C.F.R. de 1932 à 1939, président du Harvard Socialist Group, journaliste au « New York Herald », mais aussi personnalité type de l'entourage restreint du 33° degré F.D. Roosevelt. En 1971 il affirmait dans les colonnes du « New York Times » :
« [...] Tant qu'un gouvernement mondial ne sera pas possible, il s'agira de créer un socialisme diversifié. »
Et, en fait, que furent les fascismes sinon des socialismes nationaux, qui se disaient opposés au communisme, socialisme international par antonomase ? Le socialisme fabien à vocation technocratique était, par contre, et est toujours réservé aux démocrates, et il convient à un gouvernement mondial de la Haute Finance, comme cela fut publiquement explicité, encore en 1932, par la bouche d'un de ses représentants très autorisé, le finan